Résumé de la décision
Dans un arrêt rendu le 25 avril 2017, la cour administrative d'appel de Lyon a annulé le jugement du tribunal administratif de Lyon daté du 5 juillet 2016, qui avait rejeté la demande de Mme A..., ressortissante sénégalaise, visant à annuler les décisions du préfet du Rhône, datées du 23 novembre 2015. Ces décisions refusaient le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante, ordonnaient son départ du territoire français dans un délai de 30 jours, et indiquaient son pays de reconduction. La cour a jugé que le préfet avait fait une application inexacte des dispositions relatives à la poursuite des études dans le cadre de la convention franco-sénégalaise.
Arguments pertinents
1. Conditions de renouvellement du titre de séjour : La cour a souligné que, selon l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995, le renouvellement du titre de séjour est subordonné à la justification de la poursuite des études ou du stage ainsi qu'à la possession de moyens d'existence suffisants. La cour a noté que l'administration devait examiner si Mme A... pouvait être considérée comme poursuivant effectivement des études.
2. Difficultés rencontrées : La cour a pris en compte que Mme A... avait rencontré des difficultés de logement et de santé qui expliquent son parcours scolaire. Bien qu'elle n'ait validé aucun semestre durant ses deux premières années, la cour a relevé qu'elle avait obtenu sa licence en juin 2016, ce qui démontre sa progression effective et ses efforts.
3. Inexactitude de l'évaluation par le préfet : La cour a conclu que le préfet n'avait pas apporté d'éléments suffisants pour justifier son refus de renouvellement, ce qui conduisait à une "inexacte application" des stipulations de la convention. Elle a donc estimé que ce refus constituait une atteinte disproportionnée au droit de Mme A... au respect de sa vie privée et familiale.
Interprétations et citations légales
- Convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 - Article 9 : Cet article fixe les conditions nécessaires pour l'obtention et le renouvellement d'un titre de séjour étudiant. La cour a interprété cet article de manière à insister sur l'importance d'une évaluation globale du parcours de l'étudiant, soulignant que "le caractère réel et sérieux des études est subordonné à la progression régulière de l'étudiant et à la cohérence de son parcours".
- Droit au respect de la vie privée et familiale : La cour a également fait référence à la nécessité de prendre en compte les droits fondamentaux, tels que ceux garantis par la Convention européenne des droits de l'homme, en particulier en matière de respect de la vie privée et familiale, ce qui a justifié une réévaluation des circonstances entourant le renouvellement du titre de séjour.
Ainsi, la décision reflète une interprétation des textes favorisant la prise en compte des situations individuelles des étudiants étrangers, ainsi que l'exigence d'une appréciation minutieuse de leur parcours académique et personnel.