Résumé de la décision
M. A..., un ressortissant ivoirien, a contesté un jugement qui validait son transfert vers l’Italie dans le cadre des procédures d’asile, soutenant que cette décision méconnaissait les délais prévus par le règlement (UE) n° 604/2013. La cour a confirmé le jugement, considérant que le transfert intervenu avant l’expiration du délai de six mois était légitime, malgré un recours introduit ultérieurement. Par conséquent, elle a rejeté la requête d'annulation et les conclusions en matière d'aide juridictionnelle.
Arguments pertinents
1. Légalité du transfert : La cour a souligné que le préfet de la Drôme avait agi en conformité avec les articles 23 et 25 du règlement (UE) n° 604/2013 en sollicitant le transfert de M. A... vers l’Italie. Ce dernier a été informé du transfert dans les délais légaux, et l’acceptation italienne a été implicite. L'échéance pour le transfert était le 22 février 2019, ce qui était respecté par le préfet.
- Citation : "il ressort des pièces du dossier (...) que M. A..., ressortissant ivoirien, était entré en Italie dès le 29 septembre 2017... la demande de transfert adressée à l'Italie, le 7 août 2018, (...), relevait des articles 23 et 25 précités".
2. Caducité et recours : L’argument de M. A... basé sur la caducité du délai pour le transfert à la suite de son recours a été écarté, car le jugement a conclu qu'à la date de l'arrêté, l’Italie était encore responsable selon la législation, rendant le transfert valide tant qu’il était effectué dans les délais. De plus, le recours n'interrompait pas le délai de transfert.
- Citation : "il suit de là que M. A..., dont l'unique moyen d'appel est tiré de la caducité du délai de remise aux autorités italiennes, n'est pas fondé à se plaindre".
Interprétations et citations légales
1. Règlement (UE) n° 604/2013 :
- Article 23 : Établit que lorsqu'un État membre souhaite transférer un demandeur d'asile, cela doit être fait rapidement. Cette disposition appelle à l’exécution des demandes de transfert sans traîner.
- Article 25 : Exige que l'État membre requis statue sur la requête dans un délai d'un mois, précisant que le silence équivaut à l’acceptation. Cela montre que tout retard de réponse peut créer des obligations pour l'État requis.
- Article 29 : Précise que le transfert doit avoir lieu dans un délai de six mois après acceptation ; ce délai est un élément crucial pour établir la responsabilité de l'État dans les procédés d’examen des demandes d’asile.
2. Code de justice administrative :
- Article L. 761-1 : Relatif à l'aide juridictionnelle et à la répartition des frais entre les parties. Dans cette affaire, la cour a rejeté les conclusions de M. A..., considérant qu'il était la partie perdante.
- Citation du Code de justice administrative : "Les conclusions présentées par M. A..., partie perdante, doivent être rejetées."
Dans l'ensemble, la décision prend clairement en compte les obligations des États membres dans le cadre des procédures d’asile, tout en réaffirmant que les ressources de recours judiciaires ne suspendent pas les délais de mandat de transfert légal. Cela souligne l'importance de la conformité aux délais pour la mise en œuvre des transferts en matière d'asile dans l'Union européenne.