Résumé de la décision
Mme A..., exerçant une activité d'agent immobilier, contestait un jugement du tribunal administratif de Lyon, qui rejetait sa demande de réduction de rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des majorations associées, issus d'une vérification comptable. L'administration fiscale avait reconstitué son chiffre d'affaires en considérant certaines sommes comme des recettes professionnelles, alors que Mme A... soutenait qu'elles provenaient de remboursements de prêts. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant les arguments de Mme A... et considérant qu'elle ne prouvait pas que ces sommes étaient des prêts ou des remboursements.
Arguments pertinents
1. Charge de la preuve : La cour rappelle que, selon le Code des procédures fiscales - Article L. 192, "la charge de la preuve incombe au contribuable à défaut de comptabilité ou de pièces en tenant lieu". Mme A... n'ayant pas fourni de comptabilité valable, la charge de la preuve lui incombe.
2. Reconstitution du chiffre d'affaires : Le vérificateur a pris en compte les sommes sur les comptes bancaires, sauf si elles pouvaient être justifiées comme non imposables. Mme A... n'a fourni que des attestations manuscrites et des relevés, jugés insuffisants pour prouver la nature des crédits. La cour conclut que "la présomption de prêts familiaux" ne s'applique pas ici, et que sans contrat de prêt avec date certaine, elle ne prouve pas que ces sommes ne relèvent pas de l'activité professionnelle.
3. Conséquences de la procédure : Le rejet de la demande de Mme A... est motivé par son incapacité à fournir des preuves convaincantes, même avec des comptes à caractère mixte qui ne lui permettent pas d’échapper à ses obligations comptables.
Interprétations et citations légales
La décision porte une attention particulière à la définition de la charge de la preuve dans le cadre d'une vérification fiscale. L'article L. 192 du livre des procédures fiscales établit clairement que, sans pièces justificatives appropriées, "la charge de la preuve incombe" au contribuable. Cela souligne la rigidité de la procédure administrative fiscale et le fait que le contribuable doit fournir des preuves matérielles pour contester une imposition.
Par ailleurs, la précision selon laquelle "la présomption de prêts familiaux" ne s'applique pas à des entreprises individuelles est un point crucial. Cela implique que les contribuables doivent être en mesure de documenter de manière claire et rigoureuse tout soutien financier reçu, surtout dans un contexte d'activité commerciale.
Cette décision illustre la difficulté que rencontrent certains contribuables qui, malgré de bonnes intentions ou des explications légitimes, peuvent se heurter à des exigences probatoires strictes lorsque leurs comptes ne sont pas en règle. La cour valide donc la position de l'administration fiscale qui, dans ce cas, a agi conformément aux règles en vigueur.
En somme, la décision se fonde sur l'idée que l'absence de comptabilité appropriée et de preuves tangibles conduit à une incapacité pour le contribuable à refuser des imputations fiscales, renforçant ainsi le rigueur des obligations comptables des entrepreneurs individuels.