Résumé de la décision
La SAS Distribution Casino France a contesté un jugement du tribunal administratif de Grenoble qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un refus de licenciement de Mme A..., une employée déclarée inapte au poste occupé. L'inspecteur du travail avait refusé d'autoriser ce licenciement car la SAS n'avait pas respecté l'obligation de saisir l'instance prévue par l'article L. 2421-3 du Code du travail. En appel, la cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, considérant que la SAS n'avait pas légitimement saisi l'inspecteur du travail, même en l'absence d'un établissement distinct pour le magasin K'Store.
Arguments pertinents
1. Obligation de saisine : La cour a souligné que, conformémment à l’article L. 2421-3 du Code du travail, « le licenciement envisagé par l'employeur d'un délégué du personnel... est soumis au comité d'entreprise, qui donne un avis sur le projet de licenciement ». En l'absence de ce comité, il incombait à la SAS de prendre les mesures nécessaires pour établir un comité d'établissement, et elle ne pouvait donc pas se soustraire à cette obligation.
2. Constitution d'établissements distincts : La SAS Distribution Casino France aurait pu demander un statut d'établissement distinct pour le magasin K'Store. Comme stipulé dans l'article L. 2327-7 du Code du travail, il revenait à l'employeur de « prendre les dispositions permettant soit de rattacher ce magasin à un établissement distinct, soit de le constituer en établissement distinct ».
3. Impact du "comité social d'établissement" : La présence d'un "comité social d'établissement" dans la SAS n’a pas d’incidence sur l'obligation de saisine de l'inspecteur du travail. La cour a affirmé que cette structure n'était pas équivalente à un comité d'entreprise au sens des dispositions légales applicables.
Interprétations et citations légales
1. Sur l'obligation de saisine : Selon le Code du travail - Article L. 2421-3, il est clairement établi que : « lorsque qu'il n'existe pas de comité d'entreprise dans l'établissement, l'inspecteur du travail est saisi directement ». Cela souligne que sans la formation d'un comité d'établissement, la SAS Distribution Casino France devait obligatoirement saisir l'inspecteur du travail pour obtenir l'autorisation de licenciement.
2. Sur la classification des établissements : L’article L. 2327-1 stipule que : « des comités d'établissement et un comité central d'entreprise sont constitués dans les entreprises comportant des établissements distincts ». Cette disposition met en lumière l'importance de la reconnaissance des établissements distincts, un critère déterminant pour l'application correcte des procédures de licenciement.
3. Rôle de l'autorité administrative : L'article L. 2327-7 précise que l'autorité administrative a la responsabilité de décider du nombre d'établissements distincts dans le cas de désaccord entre l'employeur et les organisations syndicales. Cela renforce l'idée que la responsabilité de la mise en place d'un comité d'établissement incombe en premier lieu à la SAS.
Par conséquent, la cour a jugé que la SAS Distribution Casino France n'avait pas respecté les exigences légales en termes de procédure de licenciement, entraînant le rejet de sa requête.