Résumé de la décision
Mme et M. B... ont formé une requête en annulation de jugement et des arrêtés du 9 décembre 2020 leur imposant une obligation de quitter le territoire français. Ils invoquent la violation de l'article 8 et de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté leur demande, considérant qu'ils n'avaient pas établi de façon suffisamment crédible les risques encourus en cas d'éloignement vers l'Albanie, notamment en raison de vengeances familiales. Par conséquent, la requête a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Inadéquation des allégations au regard de l'article 8 : Le tribunal a écarté le moyen fondé sur l'article 8 de la Convention européenne, rappelant que Mme et M. B... ne fournissent pas de justification convaincante ni d'éléments nouveaux pour soutenir leur thèse sur une violation de leurs droits familiaux.
2. Charge de la preuve concernant l'article 3 : Le tribunal a précisé que, selon l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'étranger de prouver que son éloignement vers un pays spécifique peut entraîner des risques pour sa vie ou sa liberté. L'argument de Mme et M. B... sur les risques liés à des vengeances familiales n'a pas été jugé suffisamment fondé : "Or, Mme et M. B... n'établissent pas, ainsi que les dispositions précitées leur en attribuent la charge, la réalité des risques qu'ils allèguent encourir en Albanie".
Interprétations et citations légales
1. Article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article stipule que : "Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales." Cela implique que la charge de la preuve repose sur l'étranger, qui doit démontrer des risques concrets d'atteinte à ses droits fondamentaux.
2. Article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme : Ce texte pose un principe absolu contre la torture et les traitements inhumains ou dégradants : "Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants". L'interprétation de cet article exige des preuves solides des conditions qui pourraient justifier un refus d'éloignement, ce qui n'a pas été établi dans le cas de Mme et M. B....
Conclusion
La décision repose sur une interprétation rigoureuse des obligations légales en matière d'éloignement des étrangers, soulignant l'importance de la charge de la preuve. Mme et M. B... n'ont pas pu démontrer les risques allégués, ce qui a conduit au rejet de leur requête. Cela souligne la nécessité pour les requérants de fournir des éléments concrets et vérifiables lorsque des droits fondamentaux sont en jeu.