Résumé de la décision
La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté la requête de la préfète des Hautes-Alpes visant à annuler le jugement du tribunal administratif de Marseille du 23 septembre 2021. Ce jugement avait annulé l'arrêté de la préfète refusant de délivrer un titre de séjour à M. A..., un ressortissant guinéen arrivé en France à l'âge de 16 ans. La cour a estimé que le refus de séjour opposé à M. A... était entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, en raison de sa volonté d'intégration soulignée par ses réussites en formation et son activité professionnelle.
Arguments pertinents
1. Absence de reconnaissance en tant que mineur isolé : La préfète argue que M. A... n'a pas bénéficié de l'assistance éducative due aux mineurs isolés, mais la cour conteste cette assertion en rappelant que M. A... était mineur à son arrivée en France, sans qu'il soit contesté qu'il ait effectivement démontré une volonté d'intégration socioprofessionnelle.
2. Conditions de séjour : Bien que la préfète soutienne que M. A... ne remplit pas les conditions pour obtenir un titre de séjour, le tribunal a considéré qu'il y avait une erreur manifeste dans l'appréciation des circonstances de M. A... et de sa situation personnelle.
3. Teneur de la vie privée et familiale : La cour souligne que, même si M. A... possède des membres de sa famille en Guinée, cela ne suffit pas à réduire la pertinence de ses efforts d'intégration personnelle. La cour a ainsi pris en compte son parcours formatif et son engagement social pour conclure à une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Interprétations et citations légales
1. Sur la protection des mineurs : La cour se réfère implicitement à l'absence d'assistance éducative comme une question d'erreur administrative. Cela soulève la problématique de la protection due aux mineurs isolés, illustrée dans le jugement : "M. A..., arrivé en France à l'âge de 16 ans... avait démontré une particulière volonté d'intégration socioprofessionnelle."
2. Sur le droit à la vie privée et familiale : La cour évoque les dispositions de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, affirmant que le refus de séjour a porté une atteinte excessive à ce droit. Bien qu'elle ne cite pas cet article de manière explicite, l'implication dans l'évaluation des circonstances personnelles de M. A... est évidente.
3. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : La décision revient sur l'inapplicabilité des conditions prévues par l'article L. 313-14 concernant les titres de séjour. Selon la préfète, M. A... ne remplissant pas les conditions régionales alors qu'en réalité, la cour a jugé : "le refus de séjour qu’elle a opposé à M. A... était entaché d'erreur manifeste d’appréciation."
En somme, la décision de la cour démontre une interprétation qui favorise les droits de l'individu et sa capacité d'intégration face à des considérations administratives rigides. La cour met en évidence l'importance de tenir compte de la réalité sociale et personnelle des demandeurs de titre de séjour, en s'appuyant sur une analyse approfondie des faits et des conséquences du refus sur leur vie.