Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel a été saisie par Mme K... F..., Mme J... Lauro, Mme E... D... et Mme G... H... en vue d'annuler une ordonnance du 24 août 2016 qui rejetait leur demande d'expertise sur les nuisances sonores dues à l'ouverture d'une section de la voie Rocade L2 à Marseille. Ces requérantes estimaient que l'expertise était nécessaire pour évaluer l'impact des nuisances sur leur propriété. En fin de compte, la cour a rejeté leur requête, concluant que l'utilité d'une telle expertise ne pouvait être établie en raison d'une étude acoustique déjà en cours par la société de La Rocade L2, qui allait fournir les informations nécessaires.
Arguments pertinents
1. Inutilité de l'expertise : La cour a noté que l'expertise demandée par les requérantes n'était pas nécessaire, car des informations similaires étaient déjà en cours de collecte via une étude acoustique réalisée par la société responsable de la Rocade L2. Cela répond à la condition d'utilité exigée par l'article R. 532-1 du code de justice administrative, qui requiert que la mesure d'instruction soit jugée utile pour le litige.
> "Les informations recherchées par l'expertise sollicitée sont susceptibles d'être obtenues par l'étude en cours."
2. Absence de lien de causalité : La décision souligne que la demande d'expertise ne constituait pas une réponse appropriée pour établir un préjudice en l'absence d'un lien manifeste entre les nuisances et les actions de la société de la Rocade.
> "Il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée de cette personne."
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation de plusieurs articles du code de justice administrative. Notamment :
- Code de justice administrative - Article L. 555-1 : Cet article confère au président de la cour administrative d'appel le pouvoir de statuer sur les appels contre les ordonnances des juges des référés. Cela établit la compétence de la cour dans cette situation.
- Code de justice administrative - Article R. 532-1 : L'article stipule que le juge des référés peut ordonner des mesures d'expertise ou d'instruction "sur simple requête". Toutefois, l'expertise doit être jugée utile, entourée d'un intérêt manifeste dans le cadre du litige.
Cette décision illustre comment les juges administratifs peuvent refuser une demande d'expertise si elle est jugée redondante face à d'autres études en cours. Elle montre également l'importance de démontrer un lien de causalité direct pour engager la responsabilité d'une personne publique sur des revendications de nuisances. Ces exigences témoignent de la rigueur des procédures juridiques en matière de contentieux administratif.