Résumé de la décision
M. B... a demandé au juge des référés de la Cour d'ordonner la suspension de la mise en recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et du rappel de taxe sur la valeur ajoutée pour les années 2006 et 2007, ainsi que des pénalités associées. La cour a statué que les arguments présentés par M. B... ne créaient pas de doute sérieux quant à la légalité ou au bien-fondé des impositions contestées. En conséquence, la demande de suspension a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la demande : Le juge a confirmé que la demande de M. B... était recevable, puisqu'il a saisi le juge de l’impôt pour obtenir la décharge de ses impositions. Ce droit est inscrit dans l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
2. Conditions de suspension : Pour octroyer une suspension, il faut établir à la fois l'urgence de la situation et un moyen sérieux créant un doute sur la légalité de la décision administrative. Le juge a précisé :
> "la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...)".
3. Moyens avancés par M. B... : M. B... a évoqué plusieurs moyens, notamment la méconnaissance de la garantie du débat oral et contradictoire, le non-respect des articles L. 10 et L. 47 du livre des procédures fiscales, et des incohérences dans la reconstitution de son chiffre d'affaires. Cependant, la cour a jugé que ces éléments ne justifiaient pas une suspension. Elle a affirmé :
> "aucun de ces moyens n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la régularité de la procédure d'imposition ou quant au bien-fondé des impositions".
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque se présentent à la fois une urgence justifiant la mesure et un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
2. Articles L. 10 et L. 47 du livre des procédures fiscales : Si M. B... soutenait que ces articles avaient été méconnus dans la procédure de vérification de sa comptabilité, le juge n'a pas considéré ces allégations comme suffisantes pour créer un doute sur la légalité des impositions.
3. Doctrine administrative : M. B... a également fait référence à une réponse ministérielle pour soutenir que la doctrine avait été méconnue dans le cadre de son imposition. Cependant, le juge n'a pas trouvé cette allégation suffisamment pertinente pour affecter la légalité de la procédure d'imposition.
En somme, la décision souligne l'importance de satisfaire aux conditions d'urgence et de sérieux pour justifier une suspension en matière fiscale, et que tout moyen de contestation doit être substantiellement fondé pour remettre en question la légalité de l'imposition.