Résumé de la décision
Dans son jugement n° 19MA04373 en date du 7 novembre 2019, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté la requête de Mme M'C... A..., qui contestait un arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Mme A..., originaire de Guinée, soutenait que sa situation personnelle et psychologique, ainsi que les risques qu'elle encourait en retournant dans son pays, n'avaient pas été suffisamment pris en compte par le tribunal administratif.
Arguments pertinents
Dans sa décision, la cour a mis en avant plusieurs points juridiques clés :
1. Motivation du premier juge : La cour a estimé que le premier juge avait apporté une réponse suffisante aux moyens soulevés par Mme A..., notamment en ce qui concerne une prétendue erreur de droit et une violation des droits prévus par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
2. Certificats médicaux : Les certificats médicaux fournis par Mme A... en appel n'ont pas été jugés probants pour établir des risques tangibles en cas de retour en Guinée. La cour a noté que sa demande d’asile avait déjà été rejetée par l'OFPRA et la CNDA.
3. Séjour en France : La cour a conclu que le simple fait que Mme A... soit présente en France depuis 2016 avec ses enfants ne suffisait pas à établir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant la régularisation de sa situation au titre de l'article L. 313-14 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs éléments du cadre juridique applicable :
1. Article R. 222-1 du Code de justice administrative : La cour a mentionné que cette disposition permet de rejeter les requêtes manifestement dépourvues de fondement, soulignant que « les présidents des cours administratives d'appel peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter [...] les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ».
2. Article L. 313-14 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article est crucial dans l'évaluation des demandes de régularisation pour raisons humanitaires. La cour a estimé que la situation personnelle de Mme A..., bien que difficile, ne constituait pas une erreur manifeste d’appréciation de la part du préfet.
3. Article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : Cet article protège le droit au respect de la vie privée et familiale. La cour a considéré que les arguments liés à cet article avaient été suffisamment traités par le premier juge.
En conclusion, la cour a rejeté toutes les conclusions de Mme A..., considérant que sa requête était manifestement infondée au regard des éléments présentés.