Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme A... a contesté, lors de son appel, un refus antérieur du tribunal administratif de Montpellier de transmettre au Conseil d'État une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant l’article L. 1111-1 du code du travail. Elle estimait que cette disposition méconnaissait le principe d'égalité devant la loi, tel que garanti par l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Cependant, la Cour a rejeté la demande de transmission, considérant que la question soulevée était identique à celle déjà examinée par le tribunal administratif et que la requête de Mme A... avait été déposée après l'expiration du délai d'appel. En conséquence, la Cour a déclaré qu'il n'y avait pas lieu de transmettre cette question au Conseil d'État.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la contestation : La Cour a précisé qu'une contestation concernant le refus de transmission d'une QPC doit être faite dans un mémoire distinct et motivé durant le délai d'appel : « il appartient à l'auteur de cette question de contester ce refus, à l'occasion du recours formé contre le jugement qui statue sur le litige » (Code de justice administrative - Article R. 771-12).
2. Identité des moyens : Mme A... a de nouveau soulevé la question de la conformité de l'article L. 1111-1 du code du travail, utilisant des moyens identiques à ceux déjà présentés au tribunal administratif. La décision souligne qu'un justiciable « ne saurait s'affranchir des conditions, définies par les dispositions précitées, dans lesquelles le refus de transmission peut être contesté en appel ».
3. Délai d'enregistrement : La Cour a noté que le mémoire a été enregistré après l'expiration du délai de deux mois imparti pour l'appel, qui a commencé à courir à partir de la notification du jugement du tribunal administratif. Cela a conduit à la décision de ne pas transmettre la QPC au Conseil d'État.
Interprétations et citations légales
1. Article 61-1 de la Constitution : Cet article stipule que « Lorsque, à l'occasion d'une instance en cours devant une juridiction, il est soutenu qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi du Conseil d'État ou de la Cour de cassation ».
2. Ordonnance n° 58-1067 : La disparité entre le traitement des contractuels de droit privé et de droit public soulève en effet une question d'égalité, mais les exigences procédurales pour soulever une QPC sont strictes. L'article 23-1 mentionne que « le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution est, à peine d'irrecevabilité, présenté dans un écrit distinct et motivé ».
3. Code de justice administrative - Article R. 771-5 : Cet article précise que « sauf s'il apparaît de façon certaine qu'il n'y a pas lieu de transmettre la question prioritaire de constitutionnalité, notification de ce mémoire est faite aux parties ». Dans le cas présent, Mme A... n’a pas respecté les conditions de forme et de délai exigées, rendant sa demande irrecevable.
En somme, bien que les arguments de Mme A... concernant le principe d'égalité soient élevés, le non-respect des procédures de contestation du refus de transmission a conduit à la décision de la Cour de ne pas renvoyer la question au Conseil d'État.