Résumé de la décision
M. A..., représenté par son avocat, a interjeté appel d'une ordonnance du 8 octobre 2018 rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Nice, qui avait rejeté sa demande d'expertise pour déterminer un lien de causalité entre des troubles de santé survenus après des soins dentaires et une hospitalisation antérieure. La cour administrative d'appel a confirmé cette ordonnance, considérant que M. A...n'avait pas apporté d'éléments probants établissant une relation entre les soins dentaires et les troubles digestifs, ni démontré l'utilité de l'expertise demandée.
Arguments pertinents
1. Absence de Preuve : La cour a noté que M. A...n'avait fourni aucun élément ou début de preuve liant sa prise en charge à l’hôpital aux troubles de santé survenus par la suite. Le juge des référés a conclu que les allégations du requérant n'étaient pas suffisamment étayées, déclarant que les soins dentaires et la prescription associée ne pouvaient avoir été à l'origine des troubles digestifs puisque ces derniers avaient été diagnostiqués avant la visite au pôle odontologique.
2. Critères de Lien de Causalité : La cour a appliqué un critère stricte en matière de lien de causalité, affirmant qu'en l'absence manifeste de relation entre le préjudice et la faute alléguée, une expertise ne pouvait être ordonnée. L'ordonnance a ainsi été considérée comme conforme à la jurisprudence en la matière (CE, 14.02.2017, n° 401514).
Interprétations et citations légales
1. Utilité de l'Expertise : Selon l'article R. 532-1 du Code de justice administrative, "Le juge des référés peut, sur simple requête (...) prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction." Toutefois, la cour a précisé que l'utilité d’une telle mesure doit être évaluée en tenant compte des éléments dont dispose le requérant et de l'intérêt de la mesure dans la perspective d'un litige principal.
2. Responsabilité et Lien de Causalité : L'article L. 555-1 du Code de justice administrative précise que le président de la cour administrative d'appel est compétent pour statuer sur les appels formés contre les décisions du juge des référés. La décision souligne qu'une demande d'expertise pour évaluer un préjudice ne peut être fondée que si un lien de causalité clair est établi entre le préjudice et la faute alléguée.
3. Jurisprudence : La cour a fait référence à la décision CE, 14.02.2017, n° 401514, indiquant que "ne peut être fait droit à une demande d'expertise (...) en l'absence manifeste de lien de causalité". Cela signifie qu'une expertise ne sera pas ordonnée si le lien entre les dommages et la responsabilité de l'autorité publique impliquée ne peut être établi de manière substantielle.
En somme, la décision s'appuie sur des critères stricts d'appréciation du lien de causalité et de nécessité d'une expertise pour établir la responsabilité d'une personne publique, tout en se basant sur des fondements légaux clairs.