Résumé de la décision
Le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait un arrêté préfectoral du 2 février 2018 prononçant son expulsion du territoire français. M. A... a sollicité l'intervention du juge des référés auprès de la Cour pour suspendre cet arrêté, obtenir une autorisation provisoire de séjour et une indemnité. Toutefois, le juge a estimé que les moyens soulevés par M. A... ne créaient pas un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, conduisant ainsi au rejet de sa requête.
Arguments pertinents
1. Absence de menace grave pour l'ordre public: M. A... soutenait que sa présence en France ne constituait pas une menace grave pour l'ordre public. Cependant, le juge a jugé que cela ne suffisait pas à établir un doute sérieux sur la légalité de son expulsion.
2. Protection de la vie privée et familiale: M. A... a fait valoir qu'étant le père d'enfants français, il bénéficiait de protections spécifiques sous l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a cependant estimé que cela ne justifiait pas en soi l'annulation de la mesure d'expulsion.
3. Intérêt supérieur de l'enfant: M. A... a également invoqué l'intérêt supérieur de ses enfants, mais le juge n'a pas été convaincu que cela remettait en cause la légalité de la décision d'expulsion.
Le juge, constatant que les moyens présentés ne remplissaient pas les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a donc procédé au rejet.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du Code de justice administrative: Cet article stipule que « Lorsque l'urgence le justifie » et qu'il existe un « doute sérieux quant à la légalité de la décision », le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision administrative. Dans ce cas, le juge a conclu que « l'une des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie » justifiait le rejet de la requête.
2. Article L. 521-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: Cette disposition précise que l'expulsion peut être prononcée si la présence d'un étranger constitue une menace grave pour l'ordre public. Dans l'affaire M. A..., le juge a noté que les moyens relatifs à cette menace n’établissaient pas un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté d'expulsion.
3. Article L. 521-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: Cet article protège spécifiquement certains étrangers vivant en famille avec des enfants français. Cependant, le juge a souligné que ce statut ne suffisait pas à annuler la mesure d'expulsion sans éléments supplémentaires démontrant l'illégalité de la décision.
4. Article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales: Le droit au respect de la vie privée et familiale est également un argument central, mais le tribunal a estimé que la décision d'expulsion ne portait pas une atteinte disproportionnée à ce droit, dans le contexte de l'évaluation globale de la situation.
En résumé, le tribunal a considéré que les arguments soulevés par M. A... ne permettaient pas d'établir un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté d'expulsion, entraînant ainsi le rejet de sa demande.