Résumé de la décision
Mme D... et Mme E... ont fait appel d'un jugement du tribunal administratif de Toulon qui avait rejeté leur demande d'annulation de l'arrêté du maire de Solliès-Ville, daté du 3 février 2015, refusant de leur délivrer un permis de construire pour une maison d'habitation. La Cour administrative a confirmé le jugement du tribunal administratif, considérant que le maire n'avait pas commis d'erreur d'appréciation dans son refus, étant donné les risques liés à la sécurité publique, spécifiquement le risque d'incendie de forêt dans la zone. Les deux requérantes ont également sollicité une indemnisation sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, mais cette demande a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Dispositions légales sur le permis de construire : La décision évoque l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, qui stipule que "le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions... sont de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique". Ce texte souligne le cadre légal permettant au maire de refuser un permis en raison de tels risques.
2. Analyse des risques : La Cour a souligné que le terrain était situé à la lisière d'une zone boisée, rendant le site vulnérable aux risques d’incendie. Elle a observé que la carte d'aléa transmise par le préfet classait le terrain dans une zone à risque d'aléa feux de forêt et qu'une des bornes incendie était inutilisable, tandis que l'autre était trop éloignée pour garantir la sécurité.
Interprétations et citations légales
- Sur l'évaluation des risques : La Cour a précisé que l'autorité compétente doit prendre en compte "tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences". Cela implique une approche prudente dans l'analyse des impacts possibles des constructions sur la sécurité publique.
- Application concrète de la loi : En appliquant ces principes, la Cour a déterminé que le maire de Solliès-Ville a agi conformément aux règles d'urbanisme, en se basant sur une évaluation rationnelle des risques incendie. Cela a amené à l'affirmation que le refus de permis était justifié au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Conclusion
La décision de la Cour s'appuie sur une interprétation rigoureuse des lois en matière d'urbanisme, prenant en compte les spécificités locales et les risques pour la sécurité des occupants ainsi que des tiers. Les refus de permis de construire peuvent donc être fondés sur des considérations de sécurité, et il incombe à l'autorité locale d'évaluer ces risques de manière appropriée.