Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme E... ont contesté une ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier, en date du 26 novembre 2019, qui avait refusé de prescrire une expertise permettant de constater des nouveaux désordres affectant leur propriété, prétendument dus à des travaux menés par la communauté urbaine de Perpignan Méditerranée Métropole. La cour a finalement rejeté la requête, considérant que les requérants n'apportaient pas la preuve suffisante des nouveaux désordres et que leur demande était prématurée.
Arguments pertinents
1. Demande d'expertise inadaptée : M. et Mme E... ont formulé une demande d'expertise pour vérifier l'aggravation des désordres précédemment constatés. Toutefois, le juge des référés a statué que « les requérants ne démontrent pas la réalité des nouveaux désordres survenus à leur propriété et que leur demande apparaît, en conséquence, prématurée ».
2. Évaluation de l'utilité d'une mesure d'expertise : La cour a expliqué que « l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise doit être appréciée ... au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens ». Ainsi, la cour a considéré qu’aucune circonstance d’urgence ou de nouveauté ne justifiait une expertise à ce stade.
Interprétations et citations légales
- Code de justice administrative - Article R. 532-1 : Cet article stipule que le juge des référés peut « prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ». L’interprétation de cet article par la cour souligne que l’autorité du juge est circonscrite par l’utilité effective de la mesure demandée, tenant compte des éléments déjà disponibles au dossier.
- Code de justice administrative - Article L. 555-1 : Ce texte confère compétence au président de la cour administrative d'appel pour statuer sur les appels des décisions de référé. La cour a rappelé que bien que la demande avait été dirigée vers le juge des référés, ce dernier doit évaluer si la mesure invoquée revêt un intérêt direct pour le litige en cours, ce qui a été jugé insuffisant dans le cas des requérants.
- Précédents jurisprudentiels : La cour s'est référée à une jurisprudence antérieure pour affirmer que « l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise » doit être déterminée même lorsque le fond est en cours d’instruction. Cette citation souligne le devoir du juge des référés de mener une évaluation rigoureuse de l'intérêt de la mesure.
Conclusion
En somme, la cour a rejeté la demande d'expertise de M. et Mme E..., considérant qu'ils n'avaient pas démontré le caractère urgent et utile de leur requête, et que toute évaluation des désordres devrait être intégrée dans le cadre de l'instruction de leur recours indemnitaire. Les arguments basés sur l'absence de preuves d’aggravation des désordres ont été cruciaux dans le rejet de leur demande, illustrant ainsi la rigueur avec laquelle le juge des référés aborde des demandes d'expertise.