Résumé de la décision
La société Electricité de France (EDF) a contesté une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier du 29 juillet 2015, qui avait ordonné une expertise médicale sur demande de M. A..., en lien avec des pathologies potentielles liées à son exposition aux champs électromagnétiques près de transformateurs électriques. EDF soutenait qu'elle devait être mise hors de cause, n'étant ni propriétaire ni exploitante des installations concernées. La Cour a rejeté la requête d'EDF, considérant qu'elle n'était pas manifestement étrangère au litige et que l'expertise sollicitée était utile.
Arguments pertinents
1. Inclusion d'EDF dans l'expertise : La Cour a jugé que la société EDF, même si elle n’était ni propriétaire ni exploitante des installations, ne pouvait pas être regardée comme manifestement étrangère au litige. Selon le jugement : "les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action qui motive l'expertise" peuvent être appelées à participer à l'expertise.
2. Utilité de l'expertise : Le juge a considéré, en raison des risques pour la santé associés à l'exposition résidentielle à des champs électromagnétiques, que la mesure d'expertise demandée était utile. C'est dans cette lignée que la Cour a affirmé : "la mesure d'expertise demandée est utile".
3. Rejet des conclusions sur les frais : La Cour a également jugé qu'il n'y avait pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A... demandant 2 000 euros en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en affirmant qu'aucune disposition spécifique ne justifiait une telle condamnation.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article R. 532-1 :
Cet article dispose que "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction". Cette disposition permet au juge des référés d’ordonner des mesures d'expertise judicieuses sans préjuger du fond du litige, mais en tenant compte d'un potentiel lien avec une affaire à venir.
2. Risques pour la santé :
La Cour a fait référence à des "risques potentiels pour la santé", en particulier au sujet de la corrélation entre exposition à des champs électromagnétiques et certains types de pathologies. Cela démontre le poids de la santé publique dans l'évaluation de la nécessité d'expertises pour des litiges qui concernent potentiellement des dommages.
Conclusion :
La décision de la Cour d'appel illustre un équilibre entre la nécessité de résoudre des questions techniques de santé publique et la reconnaissance des droits des parties impliquées dans un litige. Les exigences du code de justice administrative et les réalités des risques liés à l'énergie amènent les juridictions à ordonner des mesures d’expertise, même face à des contestations sur la légitimité de certaines parties à figurer dans ces procédures.