Résumé de la décision
M.A..., de nationalité guinéenne et mineur, a demandé le sursis à l'exécution d'un jugement du tribunal administratif de Nîmes du 23 mars 2018, qui a rejeté sa demande d'annulation d'une mesure d'obligation de quitter le territoire. Il a soutenu que l'exécution de ce jugement entraînerait pour lui des conséquences difficilement réparables, notamment son isolement et l'interruption de stages. La Cour, après examen de la requête, a estimé que les arguments soulevés par M.A... ne constituaient pas des motifs suffisants pour ordonner le sursis et a finalement rejeté sa requête.
Arguments pertinents
1. Conséquences difficilement réparables : M.A... a argué que l'exécution du jugement entraînerait des conséquences graves pour lui, étant mineur et ayant déjà cessé ses stages. Cependant, la Cour a constaté que M.A... n'a pas fourni de preuves permettant de contester la décision initiale du juge, qui avait jugé que sa minorité ne pouvait pas être un argument valide pour annuler l'arrêté contesté.
- "M. A...n'apporte pas dans sa requête d'éléments de nature à remettre en cause les pièces et considérations de fait retenues par le premier juge pour estimer que le requérant ne pouvait arguer de sa minorité à la date de l'arrêté en litige."
2. Absence de preuve de l’interruption de stages : La nécessité pour M.A... de cesser ses activités n’a pas été démontrée ni étayée par des éléments probants, ce qui a conduit la Cour à considérer l’argument comme infondé.
- "D'autre part, l'intéressé ne démontre pas que l'obligation de quitter le territoire en litige l'aurait contraint à interrompre des stages ou des formations."
3. Rejet de la requête : En conclusion, la Cour a rejeté la demande de sursis en considérant que la situation décrite ne justifiait pas les conséquences qu'il redoutait.
- "Par suite, [...] M. A...n'est pas fondé à demander qu'il soit sursis à l'exécution du jugement."
Interprétations et citations légales
La décision s’est fondée sur plusieurs textes juridiques qui régissent la procédure de recours en appel et les cas de sursis à exécution.
1. Code de justice administrative - Article R. 811-14 : Cet article précise que le recours en appel n'a pas d'effet suspensif, sauf décision contraire du juge. Cela établit un principe fondamental sur lequel s'appuie la Cour.
- "Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif..."
2. Code de justice administrative - Article R. 811-17 : Ce texte autorise le juge d'appel à ordonner le sursis si l'exécution du jugement entraine des conséquences difficilement réparables et si les moyens soulevés semblent sérieux.
- "Le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction."
3. Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Cet article rappelle que la présidence des formations de jugement peut rejeter les demandes de sursis sans avoir à examiner la nature des moyens utilisés pour contester le jugement.
- "Les présidents des formations de jugement des cours peuvent (...) par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel."
Ces articles soulignent les critères stricts que doit respecter un demandeur pour obtenir un sursis à exécution, notamment la preuve de conséquences gravissimes et des moyens d'annulation sérieux. Dans le cas présent, M.A... n’a pas satisfait à ces exigences, ce qui justifie le rejet de sa requête.