Résumé de la décision
La clinique Les Franciscaines a contesté une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Marseille, datée du 30 novembre 2015, qui ordonnait une expertise relative à la prise en charge d’un patient, M. A..., par le docteur Courtade et les deux hôpitaux concernés. Elle a soutenu que cette ordonnance n'était pas suffisamment motivée et que sa responsabilité n'était pas engagée. Cependant, la Cour a rejeté sa requête, estimant que la clinique n'était pas manifestement étrangère au litige et que l'ordonnance était suffisamment motivée et conforme à la procédure applicable.
Arguments pertinents
1. Motivation de l'ordonnance : La Cour a affirmé que l'ordonnance attaquée contenait une motivation adéquate, indiquant que "la demande d'expertise médicale... présentait un caractère utile" et était en application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Cela démontre que la simple contestation de la responsabilité par la clinique ne suffisait pas à démontrer son extranéité au litige.
2. Responsabilité conjointe : La décision souligne que la responsabilité du docteur Courtade, exerçant à titre libéral, pourrait coexister avec celle de la clinique : "cette responsabilité personnelle ne fait toutefois pas obstacle à ce que la responsabilité de la clinique puisse également être recherchée". Par conséquent, la clinique ne peut se soustraire à l’expertise tout en étant partie intégrante de la prise en charge du patient.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de prescrire, "sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, toute mesure utile d'expertise ou d'instruction". L'utilisation de cet article par le juge des référés pour ordonner une expertise a été clairement justifiée par la nécessité d'évaluer la responsabilité dans le cas en question.
2. Coexistence des responsabilités : La Cour a indiqué que l'indépendance professionnelle du docteur Courtade n'exclut pas l'éventualité que la clinique ait également engage sa responsabilité. Ainsi, il ressort que "l'acte médical... a été réalisé en exécution du contrat de soins", mais ce contrat n'exclut pas les obligations concrètes de la clinique envers son patient.
Cette décision illustre ainsi le principe selon lequel différents acteurs dans le domaine de la santé peuvent assumer des responsabilités distinctes et que le juge peut ordonner l'expertise pour trancher ces questions dans le cadre d'un litige médical.