Résumé de la décision
La cour d'appel a examiné la requête de Mme C... A..., qui demandait l'annulation d'une ordonnance du tribunal administratif de Bastia ayant rejeté sa demande d'annulation d'une notation au titre de l'année 2018 par le directeur du centre hospitalier de Bastia. Le tribunal avait rejeté la requête comme manifestement irrecevable en considérant que Mme A... ne contestait que sa note chiffrée, sans tenir compte de l'ensemble des appréciations littérales. La cour a admis que la requête devait être regardée comme tendant à l'annulation de l'évaluation dans son ensemble et a annulé l'ordonnance du 3 septembre 2019, renvoyant l'affaire devant le tribunal administratif.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la demande : La cour a statué que le tribunal administratif a commis une erreur dans son évaluation de la recevabilité de la demande de Mme A..., arguant qu'elle avait effectivement contesté non seulement la note chiffrée mais aussi les appréciations littérales. Elle a déclaré que “les conclusions dont elle a saisi le tribunal administratif de Bastia devaient être regardées comme tendant à l'annulation de cette évaluation dans son ensemble”.
2. Incompétence des signataires : La requérante a également soutenu que les décisions contestées avaient été signées par des autorités incompétentes, ce qui complique la légitimité de la décision initiale et du refus du recours gracieux.
3. Faits inexacts : La cour a noté que les décisions reposaient sur la prise en considération de faits inexacts, ce qui pourrait justifier l’annulation de la notation.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du Code de justice administrative : La cour s'est référée à cet article pour expliquer les motifs de rejet possibles d'une demande. Cet article stipule que "les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (...) peuvent, par ordonnance, rejeter les requêtes manifestement irrecevables". Dans le cas présent, la cour a conclu que l'ordonnance attaquée avait mal interprété la nature de la contestation de Mme A..., en plaçant une limite injustifiée sur ses réclamations.
2. Article R. 612-1 du Code de justice administrative : Cet article est pertinent à la question de la régularisation des demandes. L'ordonnance contestée n’a pas respecté ces dispositions, ce qui a conduit la cour à annuler l'ordonnance du tribunal administratif pour irrégularité.
3. Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 : Cette loi encadre les droits et obligations des fonctionnaires. L’évaluation des agents publics est un processus complexe qui nécessite une approche rigoureuse vis-à-vis de la contestation des notations, et la cour a reconnu que des critiques sur les évaluations doivent être prises en compte de manière globale, renforçant l'idée d'une évaluation non divisible.
En conclusion, la décision de la cour a été fondée sur une interprétation attentive des normes de procédure administrative, en s'assurant que le droit de la requérante à contester une évaluation devait être pleinement respecté. La cour a corrigé une erreur de procédure du tribunal administratif, engageant ainsi un réexamen de la situation de Mme A... par l'autorité compétente.