Résumé de la décision
La société Côte d'Azur Pêche a fait appel du jugement du 10 janvier 2017 du tribunal administratif de Nice qui a rejeté sa demande d'indemnisation pour les préjudices qu'elle prétend avoir subis à cause de travaux publics effectués entre le 1er juillet 2012 et le 30 juin 2013. L'appel a été rejeté par la cour d'appel, qui a constaté que la société n'a pas réussi à démontrer que l'accès à son magasin avait été rendu excessivement difficile ou qu'elle avait subi un préjudice économique anormal. De plus, la société a été condamnée à verser 2 000 euros à la communauté d'agglomération Cannes Pays de Lérins au titre des frais non compris dans les dépens.
Arguments pertinents
1. Absence de Preuve de Difficulté d'Accès : La cour a noté que les attestations et les éléments de preuve présentés par la société Côte d'Azur Pêche étaient « très lacunaires » et ne permettaient pas d'établir que l'accès à son magasin avait été effectivement rendu impossible ou très difficile durant les travaux. Cela renvoie au principe selon lequel les modifications de circulation résultant des travaux publics ne donnent généralement pas droit à indemnité, sauf si elles rendent l'accès excessivement difficile.
> "Les modifications apportées à la circulation générale [...] ne sont pas de nature à ouvrir droit à indemnité. [...] Il en va autrement dans le cas où ces modifications ont pour conséquence d'interdire ou de rendre excessivement difficile l'accès des riverains à la voie publique."
2. Caractère Commun des Difficultés de Circulation : La cour a conclu que les difficultés de circulation subies par la société ne dépassaient pas celles que les riverains sont normalement tenus d'accepter sans droit à indemnisation, notamment en considérant l’évolution du chiffre d’affaires de l’entreprise par rapport à la période des travaux.
> "Les attestations [...] ne permettent pas non plus d'établir que ces difficultés auraient excédé [...] celles que les riverains des voies publiques sont normalement appelés à subir sans indemnité."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur l'application de la responsabilité sans faute de l'administration lorsqu'il s'agit d'atteintes causées à des particuliers par des actes de travaux publics. La condition essentielle pour obtenir indemnisation est que l'accès à des propriétés privées soit rendu impossible ou excessivement difficile, ce qui n'a pas été prouvé dans le cas présent.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article permet à une partie de demander le remboursement des frais non compris dans les dépens. La cour a statué que la société Côte d'Azur Pêche était tenue de rembourser à la communauté d'agglomération une somme pour les frais qu'elle a engagés en raison du litige.
> “Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Côte d'Azur Pêche, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement à la communauté d'agglomération Cannes Pays de Lérins de la somme de 2 000 euros [...]”
Ainsi, la décision souligne l'importance de l'établissement de la preuve concernant les effets des travaux publics sur l'accès aux établissements et la distinction entre les désagréments normaux et ceux qui justifient une indemnisation, tout en rappelant le cadre légal d'indemnisation en matière de litiges administratifs.