Résumé de la décision
La SA Auchan France a engagé une procédure devant la Cour afin d'annuler un jugement du tribunal administratif de Nice rejetant sa demande de restitution d'une taxe sur les surfaces commerciales. En parallèle, la société a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant l'article 7 de la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972, affirmant que cet article, en ne définissant pas le lieu d'imposition de ladite taxe, méconnaissait son droit à un recours effectif garanti par l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. La Cour a décidé de ne pas transmettre cette QPC au Conseil d'État, concluant que les dispositions contestées permettaient une identification suffisante des modalités de recouvrement de la taxe.
Arguments pertinents
1. Absence de caractère sérieux de la QPC : La Cour a considéré que "le moyen tiré de ce que le législateur aurait méconnu l'étendue de sa propre compétence et par suite le droit au recours effectif [...] ne soulève pas une question présentant un caractère sérieux".
2. Clarté des modalités de recouvrement : Il a été établi que les dispositions de l'article 7, renvoyant aux procédures applicables à la taxe sur la valeur ajoutée, "permettent aux redevables de cette taxe [...] de connaître ces modalités de façon suffisamment précise".
3. Respect des exigences constitutionnelles : La Cour a conclu que l'article 34 de la Constitution imposait que le législateur fixe les règles concernant "l'assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures", ce qui a été respecté par les dispositions en question.
Interprétations et citations légales
1. Constitution - Article 61-1 : Cet article prévoit que "lorsque, à l'occasion d'une instance [...] une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi [...]". La Cour a rappelé que les conditions de transmission de la QPC doivent être remplies, notamment que "la question n'est pas dépourvue de caractère sérieux".
2. Constitution - Article 34 : Cet article stipule que "la loi fixe les règles concernant : [...] l'assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures". Cela souligne le devoir du législateur de définir clairement les modalités d'imposition, ce qu'il a fait en renvoyant aux règles de la taxe sur la valeur ajoutée.
3. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen - Article 16 : Ce dernier garantit le droit à un recours effectif, et la Cour a estimé que les dispositions de la loi contestée fournissent suffisamment de garanties à cet égard. En ce sens, la Cour a affirmé que les modalités de recouvrement étaient "suffisamment précises au regard des exigences [...] de l'article 34 de la Constitution".
En conclusion, la décision de la Cour, qui refuse de transmettre la QPC, repose sur l'interprétation que les règles relatives à la taxe sur les surfaces commerciales sont conformes aux exigences légales et constitutionnelles, garantissant ainsi le droit à un recours effectif.