Résumé de la décision
M. C..., médecin généraliste, a contesté un jugement du tribunal administratif de Nice qui avait rejeté sa demande de décharge des cotisations supplémentaires de taxe professionnelle pour les années 2007, 2008 et 2009. Il a soulevé plusieurs arguments concernant l'irrégularité de la procédure d'imposition, la méconnaissance de ses droits de la défense, et une perte potentielle de bénéfice du plafonnement de la taxe professionnelle basé sur la valeur ajoutée. La Cour a finalement rejeté sa requête, confirmant le jugement du tribunal administratif.
Arguments pertinents
1. Irrégularité de la procédure d'imposition :
M. C... a soutenu que la vérification de comptabilité sur laquelle l'administration a fondé ses cotisations n'était pas liée à la taxe professionnelle. Cependant, la Cour a constaté que les cotisations supplémentaires étaient basées sur des éléments déclarés pour l'impôt sur le revenu, et non sur une vérification spécifique de la taxe professionnelle. La Cour a donc considéré que la procédure d'imposition ne présentait pas d'irrégularité.
> « M. C... ne saurait utilement soutenir que la procédure d'imposition serait irrégulière au motif que cette vérification de comptabilité ne portait pas sur la taxe professionnelle ».
2. Droits de la défense :
Le requérant a revendiqué que ses droits de la défense n'ont pas été respectés. Néanmoins, la Cour a précisé que, dans le cadre de la taxe professionnelle, l'administration n'était pas tenue d'informer le contribuable s'il n'avait pas contesté son statut de redevable. M. C... avait bénéficié d’une dispense de déclaration et les éléments utilisés pour le redressement provenaient de déclarations effectuées par lui-même.
> « L'administration n'est pas tenue à l'obligation de mettre le contribuable à même de présenter ses observations dès lors qu'elle assoit la cotisation litigieuse en se bornant à utiliser des éléments déclarés par lui ».
3. Plafonnement de la taxe professionnelle :
M. C... a allégué qu'il aurait perdu la possibilité de demander un plafonnement de sa taxe en fonction de la valeur ajoutée. La Cour a souligné qu'il avait omis de faire cette demande dans le délai prescrit par la loi.
> « En tout état de cause, il ne conteste pas ne pas avoir sollicité un tel plafonnement dans le délai prévu par l'article R. 196-3 du livre des procédures fiscales ».
Interprétations et citations légales
1. Livre des procédures fiscales - Article L. 47 :
Cet article stipule qu'un examen contradictoire ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé. Dans cette affaire, il a été établi que la procédure suivie ne nécessitait pas d'avis de vérification au regard de la taxe professionnelle, car le redressement ne reposait pas sur une vérification contradictoire.
> « Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu ou une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé ».
2. Livre des procédures fiscales - Article L. 174 :
Cet article autorise l'administration à corriger les erreurs ou omissions sur la taxe professionnelle jusqu'à trois ans après l'année d'imposition. Cela a permis à l'administration de procéder aux ajustements fiscaux pertinents.
> « Les omissions ou les erreurs concernant la taxe professionnelle (...) peuvent être réparées par l'administration jusqu'à l'expiration de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due ».
3. Livre des procédures fiscales - Article L. 55 et L. 56 :
Les articles précisent les modalités de rectification et les circonstances où la procédure de redressement contradictoire n'est pas applicable. Ces dispositions indiquent que, en matière de taxe professionnelle, l'administration doit appliquer les éléments déclarés par le contribuable sans nécessiter de procédure contradictoire.
> « La procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable en matière d'impositions directes perçues au profit des collectivités locales ».
En somme, la décision est fondée sur une analyse stricte de la législation fiscale en vigueur et sur les spécificités des droits de la défense dans le cas de M. C..., ayant conduit à l'absence d'irrégularités dans les procédures d'imposition.