Résumé de la décision
La SARL Jemarina, exerçant une activité de location de logements, a demandé le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au titre de juin 2011. Son remboursement a été refusé par l’administration fiscale, arguant que des rappels de TVA avaient été émis à l'encontre d'une autre société, la SCI HDL, en relation avec des transactions entre ces deux entités. La SARL Jemarina a contesté cette décision devant le tribunal administratif de Nice, qui a rejeté sa demande par un jugement du 22 mai 2015. La cour administrative d'appel a confirmé ce jugement, en soulignant que l'action contentieuse engagée par la SCI HDL ne pouvait pas influencer la demande de remboursements de la SARL Jemarina, chaque contribuable étant traité indépendamment.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la requête : La cour a d'abord confirmé la recevabilité de la requête de la SARL Jemarina. Cependant, elle a ensuite noté que le rejet de la demande de remboursement ne pouvait pas être imputé à la contestation des rectifications fiscales touchant la SCI HDL.
2. Indépendance des procédures : La cour a mis l'accent sur le principe de l'indépendance des procédures fiscales : "l'issue de l'action contentieuse (...) ne saurait avoir par elle-même [...] une incidence sur le mérite de celle qui a été introduite par la SARL Jemarina". Cela souligne l'importance de traiter chaque contribuable individuellement malgré les interconnexions potentielles entre les cas.
3. Justification du refus de remboursement : Le refus de remboursement n’était pas fondé sur les redressements dont avait fait l’objet la SCI HDL. La cour a constaté qu'aucun des documents présentés (la proposition de rectification et la décision du ministre) ne li ait fait mention d'une influence de ces redressements sur la demande de remboursement de la SARL Jemarina.
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts (CGI) - Article 242 : La décision s'appuie sur les articles du CGI concernant le remboursement de la TVA. Selon ces textes, une demande de remboursement est recevable dans des conditions bien précises, mais elle doit être indépendante de la situation fiscale d'autres sociétés, ce qui est mis en évidence par la décision : "l'issue de l'action contentieuse ainsi engagée par la société HDL ne saurait avoir par elle-même [...] une incidence sur le mérite de celle qui a été introduite par la SARL Jemarina".
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Les conclusions de la SARL Jemarina en vertu de cet article, qui prévoit la possibilité d'allouer des sommes au titre des frais non compris dans les dépens, ont été rejetées par la cour. En effet, "par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 ne peuvent être accueillies", illustre le fait que le rejet de la demande de remboursement avait pour effet d'éliminer la possibilité d'une indemnité pour les frais de justice.
En somme, cette décision clarifie le principe d’indépendance des procédures judiciaires en matière fiscale, tout en établissant les fondements sur lesquels l’administration fiscale peut rejeter une demande de remboursement.