Résumé de la décision
La commune de Puy-Saint-Vincent a contesté l'ordonnance d'un tribunal administratif qui avait enregistré son désistement concernant une demande d'annulation d'un arrêté préfectoral. Cet arrêté retirait l'autorisation de la commune d'appliquer une tarification de l'eau non proportionnelle au volume consommé. La Cour a annulé l'ordonnance du tribunal administratif, concluant que la seule durée de la procédure ne suffisait pas à justifier le désistement et que l'affaire devait être jugée sur le fond.
Arguments pertinents
1. Sur l'intérêt à agir : La Cour a jugé que le tribunal administratif n'avait pas correctement évalué l'intérêt que la requête avait pour la commune. Le seul écoulement du temps, sans décision du préfet durant l'instance, ne permet pas de conclure à un désistement. La Cour a affirmé qu'« eu égard à ces éléments, le premier juge ne peut être regardé comme ayant fait une juste application » des dispositions relatives au désistement.
2. Renvoi devant le tribunal : La décision précise que l'affaire, qui concerne une question importante pour une commune de 282 habitants, doit être renvoyée pour être jugée sur le fond plutôt que d'être abandonnée en raison de la durée de la procédure.
3. Sur les frais de justice : La Cour a rejeté la demande de la commune pour le remboursement des frais engagés, indiquant qu'il n'y avait pas lieu d'en faire droit dans les circonstances données.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 612-5-1 du Code de justice administrative : La Cour a fait référence aux dispositions permettant de questionner l'intérêt sur le maintien d'une requête. Selon cet article, le président de la formation de jugement peut inviter le requérant à confirmer le maintien de ses conclusions, avec la mention qu'en cas de non-réponse, le requérant est réputé s'être désisté. La Cour a critiqué l’application de ces dispositions dans le cas de la commune.
2. Article R. 222-1 du Code de justice administrative : Cet article permet aux présidents de formations de jugement des cours d'enregistrer des désistements. La Cour rappelle que si l'intérêt de la requête se justifie, les autorités doivent examiner le dossier de manière approfondie plutôt que d'accorder automatiquement le désistement sur des bases temporelles.
En conclusion, la décision de la Cour annule l'ordonnance du tribunal administratif et la renvoie pour un jugement de fond, soulignant l'importance de l'intérêt pour la commune dans le cadre d'une procédure d'annulation ayant des implications sur sa capacité à gérer la tarification de l'eau.