Résumé de la décision :
La communauté de communes de Cèze-Cévennes a formé un recours contre un jugement du tribunal administratif de Nîmes qui avait annulé une délibération de son conseil communautaire, fixant les attributions de compensation provisoires à verser aux communes membres pour l'année 2018. La cour a rejeté la requête de la communauté de communes, confirmant l'annulation de la délibération, et a condamné la communauté à verser 1 000 euros à la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan pour les frais de justice.
Arguments pertinents :
1. Recevabilité de la délibération : La cour a jugé que la délibération contestée, bien que qualifiée de "prévisionnelle" et "provisoire" par la communauté de communes, avait des effets juridiques réels en vertu desquels elle engageait des versements d'attributions de compensation. Elle n'a donc pas le caractère d'un acte préparatoire et peut faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Citation pertinente : « Cette délibération est dès lors susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. »
2. Interprétation de l'article 1609 nonies C : La communauté de communes a argué que le IV de l'article 1609 nonies C du code général des impôts lui permettait de modifier les attributions de compensation sans l'accord des conseils municipaux. Cependant, la cour a rejeté cet argument, soulignant que la procédure ne permet pas de réduire les attributions de compensation de manière indépendante des charges transférées, comme précisé dans le V de cet article.
Citation pertinente : « [...] la procédure [...] ne permet pas à l'établissement public de coopération intercommunale de modifier les attributions de compensation versées aux communes indépendamment des charges transférées. »
3. Lien entre transferts de compétences et attributions de compensation : La cour a rappelé que les réductions des attributions de compensation doivent être justifiées par les charges effectivement transférées. La communauté de communes ne pouvait pas réduire les attributions de compensation de la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan pour compenser d’autres dépenses sans lien avec ces charges.
Citation pertinente : « [...] le transfert de nouvelles compétences [...] ne pouvait justifier de réduire les attributions de compensation [...] dès lors que cette réduction était sans rapport avec les charges transférées. »
Interprétations et citations légales :
1. Code général des impôts - Article 1609 nonies C : Cet article regroupe des dispositions relatives aux attributions de compensation versées par les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) aux communes membres. Il encadre la procédure de recalcul des attributions suite à des transferts de compétences, stipulant que ces ajustements doivent être en rapport avec les charges transférées et ne doivent pas entraîner de réductions injustifiées.
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article traite des frais de justice et prévoit que le juge peut condamner une partie à verser à l'autre partie une somme pour les frais exposés. La cour a appliqué cet article en décidant que la communauté de communes devait indemniser la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan pour les frais occasionnés par le litige.
En conclusion, la cour a veillé à ce que les principes de légalité et d'équité financière entre les communes soient respectés, en affirmant que les décisions d'une communauté de communes doivent être justifiées par des charges réelles et pertinentes dans le cadre de leur gestion des attributions de compensation.