Résumé de la décision
M. C..., de nationalité algérienne, a contesté un jugement du tribunal administratif de Toulon qui a rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral du 11 août 2017, refusant de lui délivrer un titre de séjour et lui ordonnant de quitter le territoire français. Par un arrêt rendu le 9 juillet 2018, la Cour administrative d'appel a confirmé ce jugement en considérant que M. C... ne justifiait pas d'une résidence habituelle en France pendant plus de dix ans, comme l'exige l'article 6 de l'accord franco-algérien. La Cour a également rejeté ses conclusions à fin d'injonction et celles pour le remboursement des frais.
Arguments pertinents
1. Durée de séjour : La Cour a examiné la preuve de la durée de séjour de M. C... en France, en se fondant sur les documents présentés. Elle a constaté qu'il n’avait pas réussi à établir une présence effective et habituelle en France pendant les dix années requises à la date de l'arrêté, ce qui a conduit à l’exclusion de son argument sur la méconnaissance de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien.
Citation pertinente : « […] les documents relatifs aux années 2007 et 2011... ne permettent pas de justifier de sa présence effective et habituelle en France pendant dix ans ; que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien ne peut, dès lors, qu'être écarté. »
2. Erreur manifeste d'appréciation : M. C... a également soutenu que le préfet avait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle, en se basant sur son intégration dans la société française. Cependant, la Cour a estimé que ses éléments de preuve, tels que des promesses d'embauche et son statut de donneur de sang, ne suffisaient pas à établir cette erreur.
Citation pertinente : « […] ces seules circonstances ne suffisent pas à démontrer que le préfet du Var aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant. »
Interprétations et citations légales
1. Accord franco-algérien - Article 6 : L'article 6 de l'accord stipule les conditions de délivrance de titres de séjour pour les ressortissants algériens. La Cour a interprété ces conditions comme nécessitant une preuve tangible de résidence en France pendant plus de dix ans pour le bénéfice d'un "certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale'".
Citation Légale : « Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France […] Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1° à l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans. »
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : La Cour a également rappelé que selon cet article, le juge doit condamner la partie perdante à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine pour les frais exposés. Dans cette affaire, l'État n'étant pas la partie perdante, la demande de M. C... concernant les frais a été rejetée.
Citation Légale : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. »
En conclusion, la Cour a confirmé le jugement du tribunal administratif sur la base du respect des stipulations de l'accord franco-algérien et a rejeté les demandes subséquentes de M. C..., affirmant que les éléments fournis n'étaient pas suffisants pour prouver ses prétentions.