Résumé de la décision :
L'Association Nationale des Supporters (ANS) a contesté un arrêté du préfet des Alpes-Maritimes, pris le 26 septembre 2018, qui a réduit le nombre de supporters autorisés à accéder à un match de football. Le tribunal administratif de Nice a statué, le 8 novembre 2018, qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur cette demande, considérant que l'arrêté avait été entièrement exécuté. Cependant, l'appel de l'ANS a été accueilli, entraînant l'annulation de l'ordonnance du tribunal administratif. La Cour a renvoyé l'affaire pour un nouvel examen et a condamné l'État à verser 2 000 euros à l'ANS pour ses frais de justice.
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Arguments pertinents :
1. Non-lieu à statuer : La Cour a estimé que le président du tribunal administratif avait à tort conclu qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur la demande de l'ANS. En effet, même si la mesure avait été exécutée, l'arrêté n'avait ni été abrogé ni retiré, ce qui signifiait qu'il continuait à produire des effets juridiques. "Aucun non-lieu à statuer ne pouvait être opposé aux conclusions de l'association requérante."
2. Renvoyer l'affaire : La manière dont l'arrêté avait été utilisé et sa validité ont justifié que l'affaire soit renvoyée au tribunal administratif pour un examen au fond. Cela souligne l'importance d'une décision sur le fond plutôt que l'application immédiate d'une mesure administrative.
3. Frais de justice : La Cour a déterminé qu'il convenait de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros, en se basant sur "l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée".
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Interprétations et citations légales :
1. Ordonnance et exécution des mesures : La décision rappelle que même si une mesure de police a été exécutée, ce fait ne saurait suffire à justifier un non-lieu à statuer si ladite mesure n'est pas abrogée. Cela implique que l'existence d'une mesure réglementaire continue de justifier un débat juridique. Ce principe est illustré par le considérant : "l'arrêté n'ayant été cependant ni abrogé, ni retiré, aucun non-lieu à statuer ne pouvait être opposé."
2. Frais exposés : L'article L. 761-1 du Code de justice administrative stipule : "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens". Cette disposition confère au juge une certaine flexibilité dans la décision concernant les frais, se basant sur l'équité. Ce cadre légal a été appliqué pour allouer une indemnité à l'ANS.
3. Rappel des encadrements légaux : La décision fait référence aux règles générales régissant les instances administratives, en citant le Code de justice administrative, soulignant ainsi son attachement à un cadre juridique précis et structurant des décisions administratives.
Ainsi, la décision rappelle l'importance de la continuité juridique des mesures administratives tout en soulignant le droit à un recours effectif pour les parties concernées par ces mesures.