Résumé de la décision :
La cour administrative d'appel de Marseille a statué sur le caractère légal d'une délibération adoptée par le conseil communautaire de la communauté de communes Lodévois et Larzac qui approuve le plan local d'urbanisme de la commune de Soubès. M. et Mme C... contestaient cette délibération, arguant que la note explicative jointe à la convocation des élus ne respectait pas l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales. Cependant, la cour a constaté que la note fournissait une information adéquate, permettant la régularisation de l'acte antérieur entaché d’un vice de procédure. En conséquence, leur requête a été rejetée.Arguments pertinents :
1. Inadéquation de la note explicative : M. et Mme C... soutenaient que la note explicative de synthèse ne remplissait pas les critères établis par l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, ce qui constituerait une violation des droits des élus.2. Satisfaction aux exigences légales : Cependant, la cour a estimé que "le document, intitulé 'note de synthèse'... a mis les conseillers communautaires à même de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat, conformément aux exigences des articles L. 5211-1 et L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales."
3. Régularisation de l’illégalité : La cour a conclu que la délibération du 10 juin 2021 a bien régularisé le vice de procédure dont souffrait la précédente délibération. Par conséquent, M. et Mme C... ne pouvaient pas contester la légitimité de la nouvelle délibération.
Interprétations et citations légales :
La décision se fonde sur plusieurs articles clés du code de l'urbanisme et du code général des collectivités territoriales.- Code de l'urbanisme - Article L. 600-9 : Ce texte stipule que si un juge constate qu’une illégalité a affecté l’adoption d’un acte d’urbanisme, il peut surseoir à statuer pour permettre une régularisation. Il en résulte que la cour a dû examiner si les conditions de régularisation étaient satisfaites. L'article précise notamment que "le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité a eu lieu, pour les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme, après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables."
- Code général des collectivités territoriales - Articles L. 5211-1 et L. 2121-12 : Ces articles régissent les compétences des conseils municipaux et communautaires, en vertu desquels "les conseillers communautaires [doivent disposer] d'une information adéquate." Ainsi, la cour a jugé que la note de synthèse, en dépit des critiques, respectait les exigences d’information des élus afin de leur permettre de prendre des décisions éclairées.
Cette décision montre l'importance de la formalisation des procédures et la possibilité pour les actes d’urbanisme d’être régularisés, tout en rappelant que les collectivités doivent s’assurer de la clarté et de l’information donnée à leurs élus pour éviter des contestations ultérieures.