Résumé de la décision
M. D..., un ressortissant bosnien, a contesté un jugement du tribunal administratif de Montpellier qui rejetait sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral l'assignant à résidence. L'arrêté du 11 juillet 2019 imposait une assignation pour 45 jours, avec des obligations de contrôle. La cour a annulé le jugement du tribunal, jugé erroné dans son appréciation, notamment parce que le préfet n'avait pas pris de décision légale de remise aux autorités italiennes, condition nécessaire pour justifier l'assignation.
Arguments pertinents
1. Incompétence de l'autorité signataire : M. D... a soutenu que l'arrêté avait été signé par une autorité incompétente. La cour n’a pas traité ce point en détail car les autres arguments étaient suffisants pour justifier l'annulation.
2. Absence de décision de remise : La cour a constaté que l'arrêté préfectoral précédent ne constituait pas une décision de remise, comme l'exigeait le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En effet, le préfet ne pouvait pas légalement l'assigner à résidence sans une telle décision.
- Citation pertinente : « M. D... n'ayant pas fait l'objet d'une décision de remise aux autorités italiennes prise sur le fondement des articles L. 531-1 ou L. 531-2... le préfet de l'Hérault ne pouvait légalement l'assigner à résidence. »
3. Erreur manifeste d'appréciation : Le tribunal administratif a été jugé en erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'arrêté de refus de titre de séjour impliquait une décision de remise à une autre nation. Cela a constitué le fondement principal pour annuler le jugement rendu.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur une interprétation stricte des articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En particulier :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 561-2 : Cet article permet l'assignation à résidence, mais seulement si l'étranger doit être remis aux autorités d'un État membre de l'UE. Il précise bien qu'une telle remise doit être clairement formalisée.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 531-1 : Ce dernier indique que « l'étranger non ressortissant d'un Etat membre... peut être remis aux autorités compétentes de l'Etat membre qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire ». Pour que cette disposition soit applicable, une décision écrite et motivée de remise est nécessaire, ce qui faisait défaut dans le cas de M. D...
L'interprétation des textes a ainsi conduit à la conclusion que sans une décision de remise préalable, l'assignation à résidence était illégale, rendant ainsi caduc le jugement initial du tribunal.
Conclusion
La cour administrative a utilisé des fondements juridiques précis pour justifier l'annulation de l'arrêté préfectoral et du jugement du tribunal administratif. Les principes clairs concernant les décisions de remise aux autorités compétentes d'autres États ont été au cœur de cette décision, validant ainsi les arguments de M. D... et confirmant son droit à une protection juridique adéquate.