Résumé de la décision
M. A..., citoyen malien, a contesté l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 24 mai 2019 qui lui refusait la délivrance d'un titre de séjour et lui imposait une obligation de quitter le territoire français. Il a saisi la Cour administrative pour annuler cette décision, en soutenant que l'avis du collège médical de l'OFII était irrégulier, que la décision méconnaissait certaines dispositions législatives, et que le préfet aurait dû user de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser sa situation. La Cour a rejeté sa requête, considérant qu'elle était manifestement dépourvue de fondement.
Arguments pertinents
1. Irrégularité de l'avis médical : M. A... a contesté la conformité de l'avis du collège des médecins de l'OFII en soulignant qu'il manquait des informations cruciales concernant la durée prévue du traitement et sa disponibilité dans son pays. Cependant, la Cour a noté que ces informations n'étaient pas nécessaires pour l'évaluation, car le collège avait jugé que l'absence de soins ne risquait pas d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
> "l'absence des mentions de la durée prévisible du traitement ou de sa disponibilité dans son pays d'origine n'ont pu être de nature à entacher cet avis d'irrégularité."
2. Méconnaissance de l'article L. 313-11 : M. A... a réaffirmé que sa situation relevait du 11° de l'article L. 313-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La Cour a cependant rejeté cet argument, estimant que le requérant n'avait pas apporté de nouveaux éléments démontrant une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
> "Il y a lieu d'écarter ces moyens, par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif."
3. Pouvoir discrétionnaire du préfet : M. A... a également soutenu que le préfet aurait dû faire usage de son pouvoir de régularisation. Toutefois, la Cour a souligné que cette question avait déjà été examinée par le tribunal administratif sans contestation significative de la part du requérant.
Interprétations et citations légales
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : Ce code énonce les conditions réglementaires pour la délivrance de titres de séjour. Le cas de M. A... impliquait une évaluation stricte des preuves fournies pour justifier un droit à la régularisation. La Cour a noté qu'il n'y avait pas de nouveaux éléments suffisants pour contester la décision d'origine.
- Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Cet article permet aux présidents de formation de jugement de rejeter des requêtes manifestement infondées par ordonnance. La Cour a appliqué ce principe en considérant que la requête de M. A... était sans fondement.
> "la requête d'appel de M. A..., qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative..."
En somme, la décision de la Cour repose sur une interprétation stricte des normes légales en matière de régularisation du séjour, tout en affirmant que les arguments avancés par M. A... n'étaient pas fondés sur des éléments nouveaux ou convaincants.