Résumé de la décision
M. C..., agent de l'administration depuis 1967, a contesté un jugement du tribunal administratif de Nîmes qui ne l'a indemnisé que pour un préjudice moral de 10 000 euros, alors qu'il demandait 101 219 euros pour préjudices matériel et moral en raison d'un harcèlement moral de son supérieur hiérarchique. La cour a rejeté sa requête, affirmant que M. C... n'a pas prouvé la perte d'une chance sérieuse d'obtenir un poste plus élevé, ni démontré que le tribunal avait sous-évalué son préjudice moral. En conséquence, la cour a confirmé le jugement initial et a rejeté les demandes de rémunération additionnelle au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Responsabilité de l'État : La cour a noté que la responsabilité pour faute de l'État avait été reconnue par le tribunal de première instance, notamment pour ne pas avoir protégé M. C... contre le harcèlement moral. La cour a soutenu que cette responsabilité était fondée sur des faits avérés.
2. Preuve des préjudices : M. C... n'a pas réussi à prouver qu'il avait subi un préjudice financier certain, concernant la non-obtention d’un poste de conseiller administratif. La cour a précisé que "M. C... n'établit pas... qu'il aurait perdu une chance sérieuse d'obtenir un tel poste", ce qui invalidait sa revendication.
3. Indemnisation du préjudice moral : La cour a indiqué que le montant de 10 000 euros qu'il avait reçu pour son préjudice moral était suffisant et que M. C... n’avait pas démontré que le tribunal précédent avait fait une appréciation insuffisante : "il ne démontre pas que les premiers juges auraient fait une appréciation insuffisante de son préjudice moral".
Interprétations et citations légales
1. Harcèlement moral et responsabilité administrative : L'article 6 quinquies de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 stipule que les fonctionnaires doivent être protégés contre le harcèlement moral. La cour a donc abordé la responsabilité de l'État sous cet angle, reconnaissant que les actes de harcèlement par un supérieur constituaient une faute.
2. Conditions de l'indemnisation : Afin d'obtenir réparation, la victime d’une faute administrative doit prouver l’existence et l’importance des préjudices subis. En effet, la cour a précisé : "le préjudice de carrière n'est pas certain", ce qui souligne l’importance de la preuve dans le cadre des demandes d’indemnisation.
3. Frais de justice : En vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la cour a refusé d’ordonner à l'État de payer les frais de M. C..., constatant qu'il n'était pas partie gagnante dans cette instance. Cela illustre les limitations de la récupération des frais non compris dans les dépens pour une partie qui n’a pas réussi dans sa demande.
En somme, cette décision met en lumière les exigences de preuve dans les demandes d’indemnisation pour harcèlement moral et souligne la difficulté de démontrer les préjudices au-delà de ceux qui ont déjà été indemnisés antérieurement.