Résumé de la décision
M. C..., agent technique de la commune de Boult-sur-Suippe, a interjeté appel d'une ordonnance du 19 septembre 2017 du juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui avait rejeté sa demande de désignation d'un expert psychiatre. Il invoquait des souffrances au travail dues à des difficultés relationnelles avec le maire et cherchait à établir un lien entre son état de santé et ses conditions de travail. La Cour a confirmé le rejet de sa demande, considérant qu'une expertise ne pouvait pas établir la faute de la commune et que la question du lien de causalité relèverait d'autres instances. Les conclusions de la commune visant à obtenir des frais de justice ont également été rejetées.
Arguments pertinents
1. Inadéquation de la demande d'expertise : La cour a jugé que la demande d'expertise formulée par M. C... ne correspond pas aux critères de nécessité et d'utilité. Le juge a précisé que "la mesure d'expertise ainsi formulée [...] n'est pas, contrairement à ce que soutient le requérant, au nombre de celles qui, s'agissant d'une question de droit consistant à procéder à la qualification juridique de faits, peuvent être confiées à un expert."
2. Absence de lien de causalité prouvé : Il a été souligné que M. C... n'a pas démontré le lien nécessaire entre son état de santé et un éventuel comportement fautif de la commune. La cour a plaidé que "il appartient [à l'appelant] d'apporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre son état de santé et une éventuelle faute qu'elle aurait pu commettre."
3. Procédure administrative appropriée : La cour a évoqué que la situation de M. C... devait faire l'objet d'une procédure formelle, impliquant le comité médical et la commission départementale de réforme. Cela signifie que la question de la reconnaissance d’un lien entre son affection et son service ne relevait pas de la voie du référé mais devait passer par "la mise en œuvre d'une procédure faisant intervenir [...] le comité médical départemental."
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article R. 532-1 : Le juge des référés peut "prescrire toute mesure utile d'expertise". Cette disposition est interprétée comme conférant au juge un pouvoir discrétionnaire, mais indique également que la demande doit être utile et pertinente au regard des circonstances.
2. Impératif de la preuve : La cour insiste sur le fait que la charge de la preuve incombe à celui qui invoque un préjudice. Cela est renforcé par le fait que M. C... n'a pas introduit d'action sur le fond pour établir la responsabilité de la commune, rendant ainsi difficile la reconnaissance de son droit à une expertise.
3. Article L. 761-1 : Cet article stipule que les frais non compris dans les dépens ne peuvent être mis à la charge de la partie perdante dans une instance. Cela implique que le résultat de la procédure, où les demandes de M. C... ont été rejetées, a conduit à une confirmation du principe que les frais de la commune ne pouvaient pas être pris en charge dans cette instance.
En somme, la décision met en avant l'importance de la démonstration d'une faute administrative pour accéder à une expertise, tout en soulignant que la voie appropriée pour traiter des questions de santé liées à l'emploi requiert des procédures administratives spécifiques plutôt que des mesures d'urgence.