Résumé de la décision
M. Dumont, conseiller municipal de la commune de Fey, a contesté la décision du maire qui, par arrêté du 30 septembre 2016, a retiré sa délégation de fonctions d'adjoint, bien qu'il ait été maintenu dans ses fonctions. Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande d'annulation de cette décision. En appel, M. Dumont a soutenu que le tribunal avait commis des erreurs de droit et que la décision du maire était entachée d'un détournement de pouvoir. La cour a confirmé le jugement du tribunal en considérant que le maire avait légitimement retiré la délégation pour préserver la bonne marche du service, étant donnée la détérioration du lien de confiance entre M. Dumont et le maire en raison d'un conflit d'ordre privé lié à des questions d'urbanisme.
Arguments pertinents
1. Compétence du maire : Le maire dispose de la prérogative de retirer à tout moment les délégations qu'il a accordées à ses adjoints, à condition que ce retrait soit justifié par des motifs liés à la bonne marche de l'administration communale. La cour a affirmé :
> "Il résulte de ces dispositions que le maire peut, à tout moment, mettre fin aux délégations qu'il a consenties, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale."
2. Motivation de la décision : Le retrait de la délégation a été justifié par la rupture du lien de confiance, en raison d'un conflit foncier opposant M. Dumont à la commune. La cour a noté :
> "Le comportement de M. Dumont et la teneur de ce différend... doivent être regardés comme susceptibles de compromettre la bonne marche de l'administration communale."
3. Contrôle juridictionnel : La cour a argué qu'une décision administrative relative à la répartition des compétences ne nécessite pas de motivation au sens du Code des relations entre le public et l'administration (CRPA). Elle a précisé :
> "Une telle décision ne relève pas du champ d'application du code des relations entre le public et l'administration (CRPA) et n'avait dès lors pas à être motivée."
Interprétations et citations légales
1. Pouvoir de retrait du maire : Les articles L. 2122-18 et L. 2122-20 du Code général des collectivités territoriales établissent les fondements juridiques du retrait de délégations par le maire, précisant que :
- Code général des collectivités territoriales - Article L. 2122-18 : "Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints..."
- Code général des collectivités territoriales - Article L. 2122-20 : "Les délégations données par le maire... subsistent tant qu'elles ne sont pas rapportées."
2. Absence de nécessité de motivation : La cour a précisé que dans les décisions de caractère réglementaire, une motivation n'est pas requise, ce qui est corroboré par le cadre juridique établi par le CRPA :
- Code des relations entre le public et l'administration - Article L. 100-3 : "Les décisions mentionnées au présent article doivent être motivées...". Cela souligne que les actes réglementaires tels que ceux portant sur des délégations de pouvoir ne nécessitent pas de motivation explicite.
En conclusion, la cour a validé la décision du tribunal administratif en soulignant les prérogatives du maire et le caractère justifié du retrait de la délégation, écartant ainsi les accusations de détournement de pouvoir et d'erreur de droit soulevées par M. Dumont.