Résumé de la décision :
L'arrêt n° 16NC02283 rendu par la cour le 26 janvier 2017 traite d'une demande de liquidation d'astreinte formée par M. A... à l'encontre du ministre de l'intérieur. La cour avait précédemment prononcé une astreinte de 100 euros par jour contre le ministre s'il ne justifiait pas, dans un délai de deux mois, l'exécution du jugement n° 1300923 du 10 juin 2014 du tribunal administratif de Nancy. N’ayant pas reçu les justificatifs requis à la date limite, la cour a décidé de liquider l'astreinte et a condamné l'État à verser à M. A... la somme de 11 100 euros pour la période du 8 octobre 2016 au 26 janvier 2017.
Arguments pertinents :
1. Inexécution constatée : La cour a constaté que le ministre de l'intérieur n'avait pas produit de mémoire ni de documents justifiant de l'exécution du jugement, ce qui constitue une inexécution marquée. Elle a souligné que, conformément à l'article L. 911-7 du code de justice administrative, « en cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée ».
2. Droits de M. A... : La cour a reconnu que M. A... avait le droit de demander la liquidation de l’astreinte étant donné que son jugement initial n'avait pas été exécuté, un droit protégé par le même article précité, qui vise à garantir l'exécution des décisions judiciaires.
3. Absence de justifications de l'administration : En l'absence de toute explication ou justification de la part du ministre sur les diligences accomplies pour exécuter le jugement, la cour a conclu que l'astreinte devait être liquidée intégralement, car le taux de 100 euros par jour n'était pas manifestement excessif.
Interprétations et citations légales :
- Code de justice administrative - Article L. 911-7 : L'article stipule que « la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle a prononcée », en précisant que « sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure ». Cela rappelle la nécessité pour l'administration de justifier de l'inexécution et renforce le contrôle effectif du juge sur les exécutions de décisions.
- Règles concernant l'astreinte : La cour a jugé que l'astreinte doit être liquidée selon les termes initiaux dans la mesure où aucune raison valable n’affirme que l’inexécution soit due à un cas fortuit ou force majeure (non établie dans cette affaire). La décision a également précisé que l'astreinte « ne décharge pas le ministre de l'intérieur des obligations qui lui incombent », insistant sur le fait que la liquidation est une mesure temporaire qui n'annule pas les obligations sous-jacentes d'exécution.
Ces éléments soulignent non seulement la responsabilité de l'administration, mais aussi la volonté du juge d'assurer le respect du droit à l'exécution des décisions judiciaires, rappelant ainsi le principe fondamental du respect des jugements dans un État de droit.