Résumé de la décision
M. B..., capitaine de police et chef adjoint d’un service de commandement, a été promu commandant de police à compter du 1er octobre 2014. Il a constaté une baisse de sa rémunération suite à cette promotion et a demandé une révision de sa situation administrative. Son recours auprès du tribunal administratif de Strasbourg a été rejeté par un jugement du 2 mai 2018. M. B... a ensuite interjeté appel, demandant l'annulation du jugement et de l'arrêté de nomination, ainsi qu'une réévaluation de sa situation par l'État. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, considérant que l’arrêté contesté ne faisait pas grief, car il ne baisse pas son indice de traitement statutaire.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'arrêté : La cour a jugé que l'arrêté du 23 octobre 2014, bien qu'ayant entraîné une baisse de la rémunération par la modification des taux de l'indemnité de sujétion spéciale de police (ISSP), ne constituait pas une décision faisant grief puisque l'indice de traitement de M. B... était maintenu au même niveau. La cour a ainsi souligné que "cet arrêté n'a pas pour effet, en lui-même, de diminuer la rémunération de M. B...."
2. Absence de principe de non-baisse de rémunération : M. B... a plaidé l’existence d’un principe selon lequel l’avancement de grade ne doit pas entraîner une baisse de rémunération. Cependant, la cour a argumenté qu'“il n'existe aucun principe général en vertu duquel l’avancement de grade ne saurait s’accompagner d’une baisse de rémunération tenant à la modification du régime indemnitaire afférent".
3. Égalité de traitement entre fonctionnaires : Concernant le principe d'égalité de traitement, la cour a noté que M. B... n'a fourni aucun élément concret démontrant une inégalité de traitement. La cour a donc considéré "qu'aucune des dispositions législatives ou réglementaires invoquées par le requérant ne permet de faire regarder la baisse temporaire de rémunération subie à l'occasion de son changement de grade comme étant illégale".
Interprétations et citations légales
1. Loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, Article 58 : Cet article établit que "l'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur". Cela signifie que la promotion doit être automatisée, mais n’implique pas nécessairement la préservation d’une rémunération élevée sans cotation du régime indemnitaire.
2. Décret n° 2005-716 du 29 juin 2005, Article 15 : Indique que "les capitaines de police promus au grade de commandant de police sont classés à un indice de traitement égal ou immédiatement supérieur à celui dont ils bénéficiaient dans leur précédent grade". Cette disposition souligne la neutralité statutaire de l'avancement en ce qui concerne le classement indiciaire, sans garantir toutefois l'intégrité de la rémunération globale en tenant compte des primes.
3. Décret n° 2013-617 du 11 juillet 2013 : Ce décret précise le cadre de l’ISSP, stipulant qu’elle est fonction de l'indice et de l'échelon. Les variations des taux d'ISSP, comme observé lors de la promotion de M. B..., illustrent que les primes peuvent fluctuer indépendamment du traitement de base, ce qui peut expliquer la diminution de la rémunération en cas de mutation de grade lorsque l’indice demeure identique.
En conclusion, la décision met en lumière les implications de l'avancement de grade dans la fonction publique, où des modifications du régime indemnitaire peuvent avoir un impact direct sur la rémunération, et rappelle que l’absence de grief peut rendre une décision administrative irrecevable en recours.