Résumé de la décision
Mme A... conteste une décision de la Commission départementale d’aménagement foncier (CDAF) qui a réattribué une partie de sa parcelle, anciennement cadastrée C 184, sans modification des limites, et en échange de terres incultes. Elle soutient que cette décision viole les articles L. 123-3 et L. 123-4 du Code rural, et qu'elle résulte d'un détournement de pouvoir. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant que la parcelle n'était pas close de murs et que les échanges de terres respectaient les prescriptions légales.
Arguments pertinents
1. Condition de parcelle close de murs : Le tribunal a retenu que la parcelle C 184 ne respectait pas les conditions requises pour être considérée comme close de murs, car certains murs étaient abandonnés. Ce qui l’a conduit à conclure que Mme A... ne pouvait pas revendiquer un droit à réattribuer cette parcelle sans modifications.
Citation pertinente : "la parcelle C 184 n'étant pas close de murs sur ses quatre côtés et certains de ces murs étant dans un état d'abandon caractérisé ne réunit pas les conditions requises..."
2. Évaluation de la valeur des terrains : Concernant l’équivalence en superficie et en valeur de productivité, le tribunal a observé que Mme A... avait apporté un terrain valant 6865 points et avait reçu, en échange, un terrain valant 8651 points. Cela a signifié que la requérante ne pouvait pas avancer une violation de l'article L. 123-4.
Citation pertinente : "Mme A... a apporté, pour le compte de propriété n° 74, 98 a 08 ca valant 6865 points et a reçu [...] 1 ha 08 a 24 ca valant 8651 points ; son compte de propriété étant ainsi excédentaire tant en surface qu'en valeur de productivité réelle..."
3. Détournement de pouvoir : Le tribunal a également écarté l’allégation de détournement de pouvoir, considérant que cette allégation n'était pas établie sur la base des éléments du dossier.
Interprétations et citations légales
1. Code rural - Article L. 123-3 : Cet article stipule que les terrains clos de murs doivent être réattribués sans modification des limites. Toutefois, le tribunal a interprété que la condition d’être "close de murs" implique une intégrité de l’état de la clôture qui n’était pas respectée dans ce cas.
2. Code rural - Article L. 123-4 : Cet article garantit qu'un propriétaire doit recevoir un terrain globalement équivalent en superficie et valeur productive. L'analyse des échanges de parcelles a permis au tribunal de conclure que Mme A... avait bel et bien reçu une compensation conforme à cette exigence.
Citation pertinente : "Chaque propriétaire doit recevoir, par la nouvelle distribution, une superficie globale équivalente, en valeur de productivité réelle, à celle des terrains qu'il a apportés."
En conclusion, le tribunal a jugé que Mme A... n’avait pas apporté de preuves suffisantes pour justifier sa requête et a ainsi maintenu la décision de la CDAF. Les considérations légales et factuelles ont été mettant en lumière les éléments de clôture physiquement présents ainsi que les valeurs associées aux terrains échangés.