Résumé de la décision
M. B..., un ressortissant russe, a contesté un arrêté préfectoral du 21 septembre 2015 qui lui refusait un titre de séjour, lui imposait une obligation de quitter le territoire français, et fixait son pays de renvoi. Sa demande d'asile avait été rejetée à deux reprises antérieurement, et il avait quitté la France en 2009, ne revenant qu'en 2013. Le tribunal administratif de Caen a rejeté sa requête le 14 juin 2016. En appel, la cour a confirmé le rejet de la contestation, considérant que le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire n'étaient pas contraires à ses droits.
Arguments pertinents
1. Motivation de la décision : Le tribunal a souligné que la décision du préfet était suffisamment motivée, mentionnant des "circonstances de droit et de fait" claires sur lesquelles elle se fondait.
> "La décision comporte les circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde ; que, par suite, elle est suffisamment motivée."
2. Examen particulier de la situation : La cour a noté que le préfet avait effectué un examen particulier de la situation de M. B..., ce qui est requis par le code.
> "Il ressort des termes de la décision que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation du requérant."
3. Application du Code sur le séjour des étrangers : La cour a également interprété les dispositions de L. 313-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notant les limites de l'atteinte au droit de la vie privée et familiale.
> "Le refus d'autoriser son séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus."
4. Rejet des moyens en vertu de l’article 8 de la CEDH : Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ont été écartés, tout comme l'allégation d'erreur manifeste d'appréciation.
> "Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, en tout état de cause, être écartés."
Interprétations et citations légales
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : Cet article stipule que la carte de séjour temporaire peut être délivrée aux étrangers en France, sous condition que leur présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Les liens personnels et familiaux en France doivent être évalués pour déterminer si le refus d'un titre de séjour porterait une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de la vie privée.
> "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire... est délivrée de plein droit... dont les liens personnels et familiaux en France... sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait... une atteinte disproportionnée."
2. Article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : Cet article protège le droit au respect de la vie privée et familiale. Dans cette décision, il a été interprété comme ne s'appliquant pas de manière disproportionnée dans le cas de M. B..., qui avait passé une période éloignée de la France et dont les liens familiaux demeuraient en Russie.
> "Le refus d'autoriser son séjour n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus."
Dans l'ensemble, la cour a statué que M. B..., compte tenu de ses circonstances personnelles et de la législation applicable, ne pouvait pas contester efficacement le refus de son titre de séjour ni l'obligation de quitter le territoire.