Résumé de la décision :
M. B..., un notaire, a fait appel d'un jugement du tribunal administratif de Nantes qui avait rejeté sa demande de décharge d'une majoration pour manquement délibéré applicable à ses cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour les années 2008 et 2010. Le tribunal a confirmé la décision de l'administration fiscale, considérant que le requérant, en tant que notaire, ne pouvait ignorer les obligations fiscales relatives à ses déclarations de revenus, et que les erreurs commises étaient suffisamment significatives pour justifier la majoration.
Arguments pertinents :
1. Manquement délibéré : L'administration a appliqué la majoration pour manquement délibéré en se basant sur la qualité professionnelle de M. B..., soulignant qu'un notaire devrait connaître les règles fiscales, notamment celles liées à la déclaration contrôlée des bénéfices non commerciaux et des revenus fonciers. Cette position est fondée sur l'article 1729 du code général des impôts qui prévoit une majoration de 40 % en cas de manquement délibéré.
2. Non-réaction à l'avis d'imposition : Le vérificateur a noté que M. B...n'avait pas réagi à des avis d'imposition indiquant des impositions moins élevées que par le passé, malgré une situation professionnelle inchangée. Ainsi, le tribunal a considéré que l'absence d'action de la part du contribuable renforçait l'idée d'un manquement volontaire.
3. Erreurs matérielles non considérées comme suffisantes : M. B...aargué que les erreurs étaient de simples erreurs matérielles et que sa déclaration avait été remplie par son épouse avant son décès. Cependant, cette justification n'a pas été acceptée, le tribunal concluant que la fréquence et la nature des erreurs étaient telles qu'elles ne pouvaient pas être considérées comme accidentelles.
Interprétations et citations légales :
La décision repose principalement sur des interprétations précises de l'article 1729 du code général des impôts, qui énonce clairement les conditions d'application de la majoration pour manquement délibéré :
- Code général des impôts - Article 1729 : "Les inexactitudes ou les omissions [...] entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré (...)".
Cette disposition légale a été interprétée pour indiquer que la qualité de notaire de M. B...impliquait une connaissance approfondie des obligations fiscales. De plus, le tribunal a retenu que les erreurs relevées étaient significatives et représentatives d'un manquement à l'obligation de sincérité et de précision, indispensable dans une déclaration fiscale, et ceci malgré les circonstances personnelles invoquées par M. B....
Ainsi, la cour a tranché en faveur de l'administration fiscale, validant sa conclusion que M. B...ne pouvait se soustraire à sa responsabilité de notifier correctement ses revenus, malgré des circonstances personnelles complexes.