Résumé de la décision
M. et Mme D... ainsi que Me A..., agissant en qualité de mandataire liquidateur de M. D..., ont fait appel d'un jugement rendu par le tribunal administratif de Nantes, qui avait rejeté leur demande de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour les années 2006 à 2008. Cette imposition faisait suite à des revenus distribués à M. D... par la société EURL Cepheus Investment, dont il était l'unique associé. La cour a finalement confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant la requête des appelants et concluant que ceux-ci n'avaient pas prouvé l'absence de revenus distribués, tout en refusant également de faire droit à leurs demandes de frais.
Arguments pertinents
1. Charge de la preuve : Il a été établi que la charge de la preuve d'absence de revenus distribués repose sur M. et Mme D..., en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, en raison de l'acceptation tacite des redressements notifiés. La cour souligne que "les requérants n'apportent pas la preuve qui leur incombe de l'absence de revenus distribués".
2. Existence et appréhension des revenus : L'administration fiscale a fondé ses redressements sur l'absence de comptabilisation de prestations fournies par l'EURL Cepheus Investment à d'autres sociétés. La cour a mentionné que "l'existence des revenus distribués contestés et leur appréhension par M. D..., en sa qualité d'unique associé et de dirigeant" étaient établies par les constats de l'administration.
3. Frais d’instance : Quant à la demande de paiement de frais en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la cour a retenu que l'État n'étant pas la partie perdante, cette demande ne peut être satisfaite.
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 109 : cet article définit ce qui constitue des revenus distribués. Il est précisé que "Sont considérés comme revenus distribués [...] toutes les sommes et les valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices". Cela a permis à l'administration d'arguer que les sommes versées à M. D... étaient des revenus distribués mais non comptabilisés.
2. Code de procédures fiscales - Article R. 194-1 : cet article impose une obligation de preuve aux contribuables en cas d'acceptation tacite des redressements. La décision de la cour repose sur ce principe, puisqu'elle conclut que "l'acceptation tacite des redressements [...] fait peser sur eux, en vertu de l'article R. 194-1, la charge de la preuve".
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : cet article stipule que les frais non compris dans les dépens peuvent être remboursés, mais seulement si l'État est la partie perdante. La cour conclut que "les dispositions de l'article L. 761-1 [...] font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, [...] le versement de la somme que M. et Mme D... et Me A... demandent".
Dans l'ensemble, la décision illustre l'importance de la charge de la preuve en matière fiscale, ainsi que les implications pratiques des règles de procédure fiscale sur les droits et obligations des contribuables.