Résumé de la décision
Mme B..., représentée par son avocat, a déposé une requête le 25 novembre 2021 auprès du juge des référés pour demander la suspension de l'exécution d'un arrêté préfectoral du 25 mai 2020. Cet arrêté refusait le renouvellement de son titre de séjour "étudiant", lui imposait l'obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et précisait son pays de destination. En outre, elle sollicitait l'injonction au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation de séjour temporaire. Le juge des référés a rejeté sa requête le 27 janvier 2022, considérant qu'aucun des moyens soulevés ne créait un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.
Arguments pertinents
1. Urgence et préjudice : Mme B... a souligné que le refus de renouveler son titre de séjour engendrait une situation d'urgence, pouvant compromettre son parcours universitaire. Le juge a néanmoins estimé que cette urgence ne suffisait pas à établir un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté.
2. Doute sérieux sur la légalité : Mme B... a contesté l'arrêté en invoquant une erreur de fait liée à son statut d'étudiante, affirmant avoir validé ses semestres universitaires. Le juge a répondu que cette présumée erreur, étant isolée, n'était pas de nature à impacter la légalité de la décision administrative : « aucun des moyens... n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision ».
3. Rejet et astreinte : En raison du rejet de la suspension, toutes les conclusions subsidiaries (demande d’injonction sous astreinte et demande de frais d’avocat) ont également été déclarées manifestement mal fondées.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie principalement sur les articles suivants :
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article permet au juge des référés de suspendre l'exécution d'une décision administrative lors de l'existence d'un doute sérieux sur sa légalité et si l'urgence le justifie. Le juge a précisé que « la condition d'urgence n'est pas remplie » dans le cas de Mme B..., ne la justifiant pas pour suspendre l'arrêté.
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Il stipule que le juge peut rejeter une requête s'il apparaît manifestement qu'elle ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative. Le juge a conclu que la demande de Mme B... était « manifestement mal fondée » et ne justifiait pas une instruction contradictoire.
Cette décision montre l’importance de la démonstration de l’urgence et d’un doute sérieux sur la légalité dans les demandes de référé suspensif, reflétant ainsi la rigueur avec laquelle le juge examine la légitimité des demandes dans ce cadre.