Résumé de la décision
La société C2G Immo a demandé l'annulation d'un jugement du tribunal administratif de Nantes qui avait rejeté sa demande d'annulation d'une délibération approuvant une révision du plan local d'urbanisme (PLU) de Challans. Le 10 janvier 2020, la cour a annulé le jugement du tribunal administratif, considérant que C2G Immo avait un intérêt à agir, étant donné qu'elle était propriétaire de terrains dans les communes de Challans et de La Garnache, et contribuable local. La cour a renvoyé l'affaire devant le tribunal administratif de Nantes pour statuer sur le fond de la demande.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de l'appel :
La cour a soutenu que la société avait bien justifié son intérêt pour agir. Elle a cité qu'elle possédait des parcelles de terrain dans les communes concernées, ce qui lui conférait la qualité de contribuable local et donc un intérêt à contester la délibération litigieuse.
> "Par suite, la société C2G Immo est fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Nantes a rejeté comme irrecevable sa demande."
2. Annulation du jugement :
En reconnaissant qu'il y avait une erreur de droit dans le jugement du tribunal administratif, la cour a décidé d'annuler ce dernier, renforçant ainsi le droit de la société à contester la délibération.
> "Il s'ensuit que le jugement attaqué doit être annulé comme irrégulier."
3. Renvoi devant le tribunal administratif :
La cour a décidé de renvoyer l'affaire au tribunal administratif pour qu'il examine la demande dans le fond, signalant ainsi une prise en compte de la nécessité de statuer sur les légitimités des arguments de C2G Immo contre la délibération.
> "Il y a lieu de renvoyer la société requérante devant le tribunal administratif de Nantes pour qu'il soit statué sur sa demande."
Interprétations et citations légales
1. Code général des collectivités territoriales :
Les articles L. 5211-1, L. 2121-13 et L. 2121-10 régissent la convocation des conseillers municipaux et la légalité des délibérations, ce que la société C2G Immo a mis en avant comme une des bases de son argumentation.
2. Code de l'urbanisme :
Plusieurs articles, notamment L. 153-40, L. 103-2 et L. 153-31, ont été invoqués pour démontrer les irrégularités dans la modification du PLU et le processus d'enquête publique. Ces lois encadrent les dispositions que doivent respecter les collectivités en matière de modification des documents d'urbanisme.
> "la délibération du 19 octobre 2017 approuvant la révision n° 9 du plan local d'urbanisme de Challans est illégale."
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 :
Cet article concerne la prise en charge des frais et honoraires liés aux litiges administratifs. La société demandait des frais à charge de la communauté de communes, tandis que cette dernière cherchait à faire condamner C2G Immo par la même voie.
En conclusion, la décision de la cour met en lumière l'importance de la légitimité d'intérêt pour agir en droit administratif, tout en rappelant que les procédures d'urbanisme doivent strictement respecter les dispositions légales en vigueur.