Résumé de la décision
Dans l'affaire N° 15NT01812, M. A..., de nationalité libanaise, a contesté devant la cour l'article du jugement du tribunal administratif de Nantes du 7 janvier 2015 qui a rejeté sa demande de naturalisation par décret, promulguée par le ministre de l'Intérieur le 9 décembre 2011. La cour a confirmé le jugement en rejetant les arguments de M. A..., estimant que le refus de naturalisation fondé sur l'absence d'autonomie matérielle n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation et ne constituait pas une discrimination.
Arguments pertinents
La cour a souligné plusieurs points clés concernant le refus de naturalisation de M. A... :
- Appréciation de l'opportunité par le ministre : La cour a affirmé que le ministre a un large pouvoir d'appréciation pour décider d'accorder ou non la naturalisation, selon l'article 21-15 du Code civil, et qu'il peut prendre en compte le niveau et l'origine des ressources de l'intéressé, qui sont des éléments d'insertion dans la société.
> "Il appartient au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite."
- Démarche sur les ressources : M. A... a invoqué ses ressources essentiellement constituées de prestations sociales. La cour a précisé que, même s'il souffre d'un handicap, cela n'établit pas son inaptitude totale à exercer une activité professionnelle. Le ministre a validement fondé son refus sur l'absence d'autonomie matérielle.
> "Le ministre [...] n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste en fondant sa décision de rejet sur l'absence d'autonomie matérielle de M. A..."
- Absence de droit à la nationalité : La cour a conclu que l'accès à la nationalité française ne constitue pas un droit et que le refus en raison de ressources insuffisantes ne constitue pas une discrimination.
> "L'accès à la nationalité française ne constitue pas un droit pour l'étranger qui la sollicite."
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs textes de loi ont été appliqués et interprétés :
1. Code civil - Article 21-15 : Cet article stipule que l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique est une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. La cour a interprété cela comme une confirmation du large pouvoir d'appréciation attribué au ministre.
2. Décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 - Article 48 : Cet article précise que le ministre peut rejeter ou ajourner une demande de naturalisation en tenant compte de l'opportunité de l'accord. La cour en a déduit que le ministre était dans son droit d'examiner la situation matérielle de M. A...
3. Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne - Article 51 : La cour a rappelé que cet article s'applique uniquement aux États membres lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union, excluant donc l'application des dispositions de la charte à la décision litigieuse.
4. Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - Article 14 et Protocole n° 12 - Article 1 : La cour a conclu que les articles interdisant les discriminations fondées sur la fortune ne sont pas applicables dans ce contexte puisqu'un refus de naturalisation n'est pas considéré comme une atteinte à un droit fondamental.
Par conséquent, la cour a jugé que les arguments de M. A... sur la discrimination et l'appréciation de ses ressources n'étaient pas fondés, validant ainsi la décision du ministre de l'Intérieur.