Résumé de la décision
Dans l'affaire N°19NT04367, la SNC Bénermans a contesté l'annulation d'un permis d'aménager modificatif délivré le 26 décembre 2016 par le tribunal administratif de Nantes, qui avait estimé que l'attestation de garantie d'achèvement des travaux fournie par la société n'était pas conforme aux exigences légales. La cour a confirmé cette annulation, jugeant que la garantie d'achèvement ne prévoyait pas une obligation solidaire de la caution envers les futurs attributaires de lots avec le lotisseur, ce qui viciait l'intégralité du permis. La cour a également décidé que la SNC Bénermans devait verser à l'association Environnement et Patrimoine de Béner Le Mans la somme de 1 500 euros pour ses frais de justice.
Arguments pertinents
1. Vice affectant le permis : La cour a conclu que le permis d'aménager modificatif était entaché d’un vice, en raison de la non-conformité de l'attestation de garantie d'achèvement. En effet, la caution n’était pas engagée envers les futurs attributaires de lots, solidairement avec le lotisseur, ce qui constitue une violation des dispositions des articles R. 442-14 et R. 442-13 du code de l’urbanisme.
> "Ce vice affecte l'intégralité du permis d'aménager modificatif."
2. Incapacité de régularisation : La SNC Bénermans a indiqué à la cour qu'elle n'était pas en mesure d'obtenir une régularisation du permis contesté, ce qui a renforcé la position de la cour d'annuler le permis.
> "D'une part, la SNC Bénermans a indiqué à la cour qu'elle était dans l'incapacité d'obtenir une mesure de régularisation..."
3. Frais liés au litige : En vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la cour a décidé que les frais liés au litige seraient à la charge de la SNC Bénermans, qui n'était pas la partie gagnante.
> "Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association Environnement et Patrimoine, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante..."
Interprétations et citations légales
1. Conformité à la garantie d’achèvement : L'article R. 442-14 du code de l’urbanisme stipule les conditions de la garantie d'achèvement. La cour a interprété cet article en précisant que la responsabilité de la caution doit être solidaire avec celle du lotisseur envers les futurs attributaires, critère non respecté dans cette affaire.
> "La garantie de l'achèvement des travaux est donnée par une banque, un établissement financier ou une société de caution mutuelle [...] Soit d'une convention aux termes de laquelle la caution s'oblige envers les futurs attributaires de lots, solidairement avec le lotisseur..." (Code de l'urbanisme - Article R. 442-14)
2. Annulation partielle du permis : L’article L. 600-5 du code de l'urbanisme permet au juge administratif de procéder à une annulation partielle si un vice ne concerne qu'une partie du projet. Toutefois, la cour a refusé cette possibilité ici en raison de la nature du vice affectant l’intégralité du permis impugné.
> "Le juge administratif qui [...] estime [...] qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation..." (Code de l'urbanisme - Article L. 600-5)
3. Sursis à statuer pour régularisation : L’article L. 600-5-1 prévoit que le juge peut surseoir à statuer pour permettre la régularisation d’un acte. Cependant, la cour a considéré que cela ne s'appliquait pas à cette affaire vu l'impossibilité de régularisation exprimée par la SNC Bénermans.
> "Le juge administratif qui [...] estime [...] qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer..." (Code de l'urbanisme - Article L. 600-5-1)
En résumé, la décision souligne l'importance d'une attestation de garantie d'achèvement conforme pour la validité des permis d'aménager et traite des conditions sous lesquelles un