Résumé de la décision
M. A..., un ressortissant sénégalais, a contesté un jugement du tribunal administratif de Rennes du 26 mars 2015 qui rejetait sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral du 12 décembre 2014. Cet arrêté refusait de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeait à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et imposait des obligations de pointage. En appelant la cour, M. A... soutenait que le préfet n'avait pas saisi la commission du titre de séjour, que l'arrêté méconnaissait le code relatif à l'entrée et au séjour des étrangers, et que la décision portait atteinte à sa vie privée selon l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
La cour a rejeté la requête de M. A..., confirmant le jugement du tribunal administratif et considérant que les arguments soulevés ne justifiaient pas l'annulation de l'arrêté préfectoral.
Arguments pertinents
1. Absence de saisine de la Commission du titre de séjour :
La cour a considéré que le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était pas tenu de consulter la commission à ce sujet. La vie commune de M. A... avec Mme B... avait déjà cessé au moment de l'arrêté, ce qui le plaçait hors du champ d'application du 4° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
> « ... le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était pas tenu de consulter la commission du titre de séjour préalablement à sa décision... »
2. Atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale :
La cour a également jugé que l'obligation de quitter le territoire ne portait pas une atteinte excessive au droit de M. A... au respect de sa vie privée, en raison de la cessation de sa relation avec Mme B... avant la date de l'arrêté.
> « ... la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive... »
Interprétations et citations légales
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 :
Cet article définit les conditions dans lesquelles un étranger peut obtenir de plein droit un titre de séjour en France. La cour a noté que, en raison de la cessation de la vie commune de M. A... avec Mme B..., il ne remplissait pas les critères pour bénéficier de ce droit.
> « ... M. A... n'était pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application des dispositions du 4° de l'article L. 313-11. »
2. Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - Article 8 :
Cet article garantit le droit au respect de la vie privée et familiale. La cour a appliqué ce principe tout en considérant la proportionnalité entre l'atteinte possible à cette vie privée et les intérêts publics liés à la régulation de l'immigration.
> « ... la décision portant obligation de quitter le territoire français ... n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive aux buts en vue desquels il a été pris... »
En résumé, la cour a défendu la légitimité de la décision préfectorale en regard des faits de la situation de M. A..., confirmant que les décisions administratives peuvent être justifiées même en cas d'atteinte potentielle aux droits individuels, dès lors que des conditions spécifiques sont remplies et que la procédure a été suivie correctement.