Résumé de la décision
Dans un arrêt rendu le 25 juin 2018, la cour administrative d'appel a rejeté la requête de M. et Mme B..., ressortissants guinéens demandant l'annulation des arrêtés du préfet de la Mayenne du 2 mai 2017 qui prononçaient leur remise aux autorités italiennes. Les requérants soutenaient que ces arrêtés constituaient une violation de leur droit à la vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Toutefois, la cour a estimé que leur situation ne permettait pas de conclure à une ingérence illicite dans cet article.
Arguments pertinents
1. Droits selon l'article 8 de la Convention : La cour a rappelé que selon l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale... ». Cependant, il peut y avoir des ingérences tant qu’elles sont prévues par la loi et nécessaires dans une société démocratique.
2. Entrée irrégulière en France : La cour a noté que M. et Mme B... avaient pénétré en France de manière irrégulière le 22 septembre 2016. Leur admission en France était donc récente, ce qui, selon la cour, ne leur conférait pas de droits additionnels en vertu de l'article 8, considérant que rien n'interdisait aux parents de voyager avec leur enfant.
3. Absence d'erreur manifeste d'appréciation : La cour a aussi rejeté l'argument selon lequel les décisions du préfet étaient entachées d'erreur manifeste d'appréciation, citant les efforts d'intégration des requérants tout en signifiant que la scolarisation de leur enfant n'était pas determinante au regard de la procédure administrative en cause.
Interprétations et citations légales
- Article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme : « Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire... ». Cette citation met en lumière la notion de proportionnalité qui est essentielle dans l'évaluation des ingérences dans les droits garantis par la convention.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Bien que le texte spécifique de la loi n'ait pas été explicitement cité dans la décision, il a manifestement été pris en compte dans la démarche administrative justifiant les arrêtés du préfet.
En résumé, la cour a estimé que la remise des requérants aux autorités italiennes ne violait pas les droits garantis par la Convention et qu'aucune erreur manifeste d'appréciation n'était présente dans les décisions du préfet, justifiant ainsi le rejet de la requête.