Résumé de la décision
Dans cette affaire, le ministre de l'intérieur a fait appel d'un jugement rendu par le tribunal administratif de Nantes qui avait annulé la décision du 19 janvier 2018 déclarant irrecevable la demande de réintégration de M. B... A... dans la nationalité française. Le ministre contestait cette annulation en arguant que la décision d'irrecevabilité était légalement fondée sur le non-respect des conditions de "bonnes vie et mœurs", conformément aux dispositions des articles du code civil régissant l'acquisition de la nationalité.
La cour a finalement annulé le jugement du tribunal administratif, confirmant la décision d'irrecevabilité du ministre sur la base des condamnations pénales passées de M. B... A..., notamment une peine d'un an d'emprisonnement pour tentative d'évasion et des infractions récentes.
Arguments pertinents
1. Conformité à l'article 21-23 du code civil : Le ministre a soutenu que la décision était justifiée par l'article 21-23, qui stipule que nul ne peut être naturalisé s'il n'est pas de bonnes vie et mœurs. Le ministre a pu démontrer que M. B... A... avait été condamné à une peine de prison d'un an pour une infraction grave, ce qui est incompatible avec cette exigence. « Nul ne peut être naturalisé s'il n'est pas de bonnes vie et mœurs... ».
2. Réhabilitation non pertinent : Même si M. B... A... pouvait arguer qu'il avait bénéficié d'une réhabilitation judiciaire, la cour a été d'avis que cela ne changeait rien à l'évaluation de son caractère. Le ministre a établi qu'il aurait pris la même décision même en cas de réhabilitation, justifiant ainsi légalement son choix. La cour a donc souligné que la décision d'irrecevabilité était fondée sur la gravité des faits, indépendamment de la réhabilitation. « [...] le ministre aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif [...] ».
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 21-23 : Cet article stipule que les conditions de "bonnes vie et mœurs" doivent être remplies pour l'acquisition de la nationalité. La jurisprudence est claire : les antécédents judiciaires peuvent compromettre cette condition, surtout en cas de condamnation à une peine d'emprisonnement.
2. Code civil - Article 21-27 : Cet article établit que quiconque a été condamné à une peine d’emprisonnement égale ou supérieure à six mois ne peut acquérir la nationalité, sauf s'il a bénéficié d'une réhabilitation. M. B... A... ayant une condamnation d'un an, il ne satisfait pas à cette exigence.
La cour a retenu que « les dispositions du présent article ne sont pas applicables [...] au condamné ayant bénéficié d'une réhabilitation [...] ou dont la mention de la condamnation a été exclue du bulletin nº 2 du casier judiciaire ». Cela souligne le lien direct entre les condamnations judiciaires et la capacité d'acquérir ou de retrouver la nationalité.
Conclusion
La décision rendue par la cour confirme que les antécédents judiciaires d'un individu sont fondamentaux à l'appréciation de sa moralité au sens du droit français, et qu'ils peuvent entraîner un refus de réintégration à la nationalité française, malgré d'autres éléments de vie personnelle ou sociale. Cette approche souligne deux principes clés : la nécessité de respecter les règles en matière de moralité dans les décisions de citoyenneté et l'importance de la continuité dans le traitement des condamnations pénales.