Résumé de la décision
Mme B... a contesté, par voie d'appel, un jugement du tribunal administratif de Nantes du 5 mars 2015 qui avait rejeté sa demande d'annulation d'une décision du ministre de l'Intérieur, datée du 27 septembre 2012, refusant sa naturalisation française. Elle invoquait divers arguments sur la légalité de la décision en s'opposant à l'irrecevabilité de sa demande sur la base de son historique matrimonial. La cour a finalement rejeté sa requête, confirmant que le ministre avait légitimement utilisé son pouvoir discrétionnaire concernant l'opportunité de la naturalisation.
Arguments pertinents
1. Air d'examen de l'opportunité :
- La cour a affirmé que « dans le cadre de cet examen d'opportunité, [le ministre] peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant, son degré d'insertion professionnelle ainsi que le niveau et la stabilité de ses ressources ».
2. Non-respect des obligations déclaratives :
- Le refus de Mme B... de déclarer ses précédents mariages et ses divorces dans sa demande a été déterminant pour le rejet. La décision insiste que « le ministre, [a] fait usage de son large pouvoir d’appréciation » et que Mme B... a laissé des éléments cruciaux non mentionnés dans sa déclaration, ce qui justifie le refus.
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 21-15 :
- Cet article stipule que « l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger », signifiant ainsi que la naturalisation est à la discrétion de l'administration.
2. Décret n° 93-1342 du 30 décembre 1993 - Article 48 :
- Selon cet article, le ministre a le droit de rejeter ou d'ajourner une demande, ce qui montre que l'exercice de son pouvoir s'inscrit dans un cadre précis. La clause « s’il n’y a pas lieu d’accorder la demande » permet au ministre d'agir au mieux selon ses appréciations subjectives quant au postulant, tant qu'il ne s'agit pas d'une erreur manifeste.
Cette décision met ainsi en lumière l'importance de la transparence et la rigueur dans le dossier de naturalisation, les informations complètes étant essentielles pour remplir les conditions nécessaires à l'acquisition de la nationalité française. La cour a conclu que le ministre n'avait pas entaché sa décision d'une erreur manifeste en se basant sur les éléments de fait soustraits par Mme B... dans sa demande initiale.