Résumé de la décision
Mme C..., ressortissante arménienne, a interjeté appel d'un jugement du tribunal administratif de Nantes qui avait rejeté sa demande d'annulation de la décision du sous-préfet et de celle du ministre de l'intérieur, ayant ajourné sa demande de naturalisation à trois ans. La cour a confirmé le jugement initial, considérant que les décisions en question étaient légales et fondées sur l'appréciation du ministre concernant la situation économique et matérielle de la requérante, qui au moment de la décision, était étudiante sans revenus personnels.
Arguments pertinents
1. Recevabilité des conclusions : La cour a estimé que les conclusions de Mme C... visant à annuler la décision du sous-préfet étaient irrecevables, car la décision du ministre avait substitué celle du sous-préfet.
- Citation pertinente : « par suite, la décision en date du 5 décembre 2011 (...) s'est substituée à la décision du sous-préfet ; que, dès lors, les conclusions de Mme C... tendant à l'annulation de cette dernière décision doivent être rejetées comme irrecevables. »
2. Appréciation du ministre sur la demande de naturalisation : La cour a validé l’appréciation du ministre quant au degré d’autonomie matérielle de M. C..., qui ne disposait pas de ressources suffisantes à l'époque de la décision.
- Citation pertinente : « il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. »
3. Absence d'erreur manifeste d'appréciation : Elle a conclu que le refus n'était pas entaché d'erreur manifeste, en tenant compte du fait que Mme C... était étudiante et sans revenu.
- Citation pertinente : « le ministre n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en retenant ce motif pour ajourner à trois ans la demande de naturalisation de l’intéressée. »
Interprétations et citations légales
- Appréciation discrétionnaire du ministre : La décision du ministre de l'intérieur en matière de naturalisation repose sur son appréciation des conditions posées par la loi.
- Code civil - Article 21-15 : « l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. »
- Pouvoirs du ministre en matière de naturalisation : Le ministre peut, selon son appréciation, soit abroger soit ajourner une demande de naturalisation.
- Décret n°93-1362 - Article 48 : « Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration dans la nationalité sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement. »
Ces diverses interprétations montrent que le cadre légal offre au ministre une flexibilité considérable pour évaluer les demandes de naturalisation en fonction des circonstances individuelles de chaque requérant, tout en lui imposant des garanties de procédure.