Résumé de la décision
La société Terroir et Traditions a formé un appel contre le jugement du Tribunal administratif de Melun qui avait rejeté sa demande de décharge d'une cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés relative à l'année 2009. Cette cotisation était fondée sur la remise en cause de passifs injustifiés totalisant 87 781 euros, dont 84 740 euros étaient au crédit du compte courant d'un associé, M. A..., et 3 041 euros étaient qualifiés de passif injustifié. La Cour administrative d'appel a confirmé le jugement du Tribunal, estimant que la société n'apportait pas d’éléments probants pour contredire les évaluations effectuées par l'administration fiscale.
Arguments pertinents
La Cour a rejeté les arguments de la société Terroir et Traditions, constatant que la société n’avait pas réussi à démontrer la justification des montants en question. Parmi les points soulevés :
1. Sur le passif de 84 740 euros : La société affirmait que ces montants étaient le résultat de cessions de créances justifiant leur maintien au bilan. La Cour a noté qu'aucun élément de droit ou de fait ne soutenait cette position, et que l'argument était en grande partie une reprise d'une argumentation déjà rejetée en première instance sans preuve supplémentaire.
Citation de la décision : "la société Terroir et Traditions ne développe au soutien de ces moyens aucun élément de droit ou de fait de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le Tribunal administratif [...] reprise en appel sans élément nouveau."
2. Sur la somme de 3 041 euros : La société soutenait que cette somme correspondait à des achats réglés par M. A... pour le compte de la société. La Cour considère que la simple identification des bénéficiaires des paiements ne suffissait pas à prouver le caractère professionnel des dépenses en l'absence de factures.
Citation de la décision : "la seule identification du bénéficiaire de ces chèques [...] ne permet pas de justifier le caractère professionnel de la dépense en cause en l'absence d'autres éléments, notamment de factures."
Interprétations et citations légales
Dans sa décision, la Cour se base essentiellement sur les dispositions du Code général des impôts et du Livre des procédures fiscales, auxquels elle fait référence pour évaluer les irrégularités fiscales et les obligations de preuve de la société requérante.
1. Code général des impôts - Article 39 : Cet article précise les règles relatives à la détermination des bénéfices imposables. Il impose à l'entreprise de justifier les charges qu'elle souhaite déduire.
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article permet le remboursement des frais engagés par une partie si celle-ci obtient gain de cause, ce que la société n'a pas pu prouver dans le cadre de sa requête.
Citation pertinente : "les conclusions de sa requête tendant à l'annulation dudit jugement et à la décharge des suppléments d'impôt sur les sociétés [...] ne peuvent, par suite, qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application [...]"
En somme, la Cour a appliqué les principes établis par la jurisprudence précédemment, soulignant la responsabilité de l’assujetti de prouver la véracité et la légitimité de ses écritures comptables et fiscales. Les positions prises par la société Terroir et Traditions n'étaient pas suffisamment fondées pour remettre en question la décision fiscale de l'administration.