Résumé de la décision
M. D..., un ressortissant libanais, a contesté l'arrêté du préfet de police du 30 mars 2016 qui lui refusait un titre de séjour, demandant l'annulation de cette décision par la cour administrative d'appel après que son recours ait été rejeté par le Tribunal administratif de Paris. La cour d'appel a confirmé le jugement du tribunal, considérant que M. D... n'avait pas établi sa présence habituelle sur le territoire français depuis dix ans et que l'arrêté était suffisamment motivé.
Arguments pertinents
Les principaux arguments de la cour se basent sur le fait que, malgré les contestations de M. D..., le Tribunal administratif de Paris avait correctement écarté ses moyens de défense :
- Délégation de signature : M. D... soutenait que le signataire de l'arrêté n'avait pas une délégation de signature régulière, mais la cour a validé cette décision sans étudier cette question plus profondément, étant donné que d'autres motifs suffisaient à justifier le rejet.
- Motivation de l'arrêté : La motivation de l'arrêté a été jugée adéquate. En effet, le tribunal a souligné que la décision tenait compte des éléments présentés par M. D..., révélant qu'il n'avait pas de preuves substantielles de sa présence sur le territoire en continu depuis 2002. Le tribunal a déclaré : « ...l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches familiales hors de France et ne démontre pas… que sa résidence en France aurait conservé son caractère habituel. »
- Examen de la situation personnelle : La cour a rejeté l'argument selon lequel l'arrêté méconnaissait les dispositions de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, notant que M. D... n’a pas prouvé la réalité de son concubinage, ainsi que d'autres éléments qui auraient pu justifier la délivrance d'un titre de séjour.
Interprétations et citations légales
La cour se fonde sur plusieurs textes de loi pour justifier sa décision :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : Cet article énonce les conditions dans lesquelles un étranger peut obtenir un titre de séjour. Dans le cas présent, M. D... n'a pas réussi à prouver sa conformité avec les exigences établies par cet article, en particulier en ce qui concerne ses liens familiaux et sa résidence.
- Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - Article 8 : Cet article garantit le droit au respect de la vie privée et familiale. La cour a considéré que M. D... n'a pas montré comment le refus du titre de séjour violait ses droits selon cet article, et a mentionné que l'atteinte à sa vie privée et familiale n’était pas disproportionnée.
La cour conclut que les éléments présentés par M. D..., même combinés, n'atteignaient pas le seuil de preuve nécessaire pour infirmer la légalité de l'arrêté du préfet, en ce qui concerne sa situation de résident en France et les implications sur sa vie personnelle. L'absence de pièces nouvelles ou probantes a également été un facteur déterminant dans le rejet de la requête.