Résumé de la décision
Dans un arrêt rendu le 30 décembre 2016, la Cour administrative d’appel de Paris a rejeté la requête de M. C..., qui contestait un jugement du Tribunal administratif de Paris du 18 mai 2015. Le Tribunal avait rejeté sa demande en décharge d'impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, totalisant 178 208 euros, pour les années fiscales 2010 et 2011. M. C... soutenait que la proposition de rectification lui avait été envoyée à une adresse erronée, et que l'administration n'avait pas prouvé qu'il avait encaissé les sommes pour lesquelles il était imposé.
Arguments pertinents
1. Notification de la proposition de rectification : La Cour a déterminé que la proposition de rectification du 16 juillet 2013 avait été dûment notifiée. Bien que M. C... ait contesté l'adresse utilisée, le service fiscal avait également renvoyé le document à une autre adresse adéquate, et son retour avec la mention "avisé et non réclamé" était suffisant pour considérer que la notification avait été effectuée correctement. La Cour a argué que c'était la responsabilité de M. C... de s'assurer de la réception de son courrier.
> "la proposition de rectification du 16 juillet 2013 doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée, sans que M.C..., à qui il incombait de prendre toutes les dispositions utiles pour recevoir son courrier, puisse valablement se prévaloir de ce que le service aurait manqué de loyauté."
2. Imposition des revenus distribués : Concernant le fond de l’affaire, la Cour a validé l’imposition des sommes encaissées par M. C... comme revenus distribués, conformément à l'article 111 du code général des impôts qui stipule que les rémunérations et avantages occultes sont considérés comme des revenus distribués. M. C... n’a pas produit de preuves suffisantes pour justifier que ces sommes avaient été utilisées pour payer des salariés de fournisseurs défaillants.
> "l'administration a relevé que plusieurs chèques qui étaient censés rémunérer des entreprises sous-traitantes avaient été encaissés par M. et Mme C... et a imposé les sommes en cause comme revenus distribués."
Interprétations et citations légales
1. Notification des actes administratifs : L'article 17 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, bien que non cité explicitement, s’inscrit dans le cadre des obligations de notification des actes administratifs. La jurisprudence impose à l’administration de prouver que l'information a bien été reçue ou que tous les moyens ont été mis en œuvre pour assurer cette réception.
2. Revenus distribués : La qualification des sommes comme revenus distribués est basée sur l'article 111 du Code général des impôts. Ce dernier définit le périmètre des revenus distribués, notamment en ce qui concerne les rémunérations occultes.
> Code général des impôts - Article 111 : "Sont notamment considérés comme revenus distribués : (...) c. Les rémunérations et avantages occultes."
En somme, la Cour a affirmé que M. C... n’avait pas fourni de preuves concrètes pour renverser la présomption d’imposition et a, de ce fait, conclu à la légitimité de la décision de l’administration fiscale. Cette décision illustre l'importance de la diligence côté contribuable dans la gestion de son courrier et de ses obligations fiscales.